CG4-9100.md

identifiantCG4-9100.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/08/14 00:00
titreNapoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9100. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ostende, 26 thermidor an XII [14 août 1804]</h2><p lang="fr-FR">Monsieur Talleyrand, ministre des Relations extérieures, je vous renvoie vos deux portefeuilles.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Répondez à M. Maillardoz</font>[^1]<font color="#000000"> que </font><font color="#000000"><i>Le Moniteur</i></font><font color="#000000"> n'est officiel que dans les actes du Gouvernement, que, d'ailleurs, il n'avait rien dit qui pût blesser la Suisse, mais simplement que l'établissement d'un état-major général en temps de paix ne peut être considéré que comme contraire à l'acte de médiation.</font>[^2]</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Répondez à M. de Gravina</font>[^3]<font color="#000000"> : « Monsieur, j'ai mis sous les yeux de Sa Majesté l'Empereur la lettre que vous m'avez communiquée. L'officier Wright a été pris par nos croiseurs dans un moment où il débarquait sur la côte de Bretagne Jean-Marie</font>[^4]<font color="#000000"> et deux autres brigands</font>[^5]<font color="#000000">. Cet officier a débarqué à la falaise de Biville sur la côte de Normandie, par trois fois consécutives, les brigands chargés d'assassiner le premier magistrat de la France. Par toutes les enquêtes qui ont été faites, nous avons acquis la preuve qu'il a été mis à la disposition de lord Hawkesbury par l'amirauté, sans qu'elle connût l'usage auquel il devait être affecté ; de braves militaires comme les lords de l'amirauté n'auraient pas souffert que le pavillon anglais et les officiers de la marine anglaise se fussent déshonorés par un pareil service ; on a la conviction que cet acte déshonorant est personnel à l'officier Wright, à lord Hawkesbury, qui a lui-même tiré de la trésorerie les 40 000 livres sterling qu'il a livrées pour prix de ce crime. Toutefois, le ministre actuel des affaires étrangères</font>[^6]<font color="#000000"> ayant réclamé par votre canal le capitaine Wright, Sa Majesté l'Empereur, toujours empressé de faire tout ce qui peut dépendre de lui pour diminuer les fléaux de la guerre, m'a ordonné de vous déclarer qu'il ne pouvait pas consentir à l'échange de M. Wright, ne pouvant échanger un criminel pour un brave et loyal officier ; mais qu'il ordonnerait qu'il fût remis à la disposition du gouvernement anglais, afin qu'il en soit usé par ce gouvernement comme il lui conviendra. C'est à la postérité à imprimer le sceau de l'infamie sur lord Hawkesbury et les hommes assez lâches pour avoir adopté comme moyen de guerre l'assassinat et le crime. Je désire, Monsieur, que vous voyiez dans cette disposition de Sa Majesté l'Empereur un désir de faire quelque chose qui vous soit personnellement agréable, et aussi une preuve de l'intention où il est de ne jamais confondre l'indignation qu'il peut éprouver d'attentats particuliers tramés contre sa personne avec les intérêts généraux de l'humanité et de la génération présente. J'attendrai donc, Monsieur, de connaître par votre canal le lieu où le gouvernement anglais désire que ce criminel soit remis. »</font></p><p lang="fr-FR">Je désire que cette lettre me soit communiquée avant d'être remise, désirant qu'elle ne soit connue de M. de Gravina que dans un moment donné.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Écrivez à M. Reinhard</font>[^7]<font color="#000000"> que la proposition qui lui est faite ne peut qu'avoir des avantages : il faudrait promettre à son auteur une récompense proportionnée aux services qu'il rendra</font>[^8]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">J'ai nommé Lesseps</font>[^9]<font color="#000000"> commissaire général des relations commerciales en Égypte.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Vous pouvez accorder à Beurnonville</font>[^10]<font color="#000000"> une permission de venir passer quelque temps à Paris.</font>[^11]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Envoyé extraordinaire de la diète helvétique à Paris. [^2]: <span></span><i>Le Moniteur</i> du 5 août 1804 (vol. 1804, t. II, p. 1405, n° 317) publie un extrait des procès verbaux des débats de la Diète helvétique à propos de l’établissement d’un État-Major général en Suisse. Voir ci-dessus n° 9052 et ci-dessous n° 9355. [^3]: Ambassadeur d’Espagne en France. [^4]: Jean Marie Hermilly. [^5]: Wright était à la recherche de personnes ayant échappé aux vagues d’arrestations de la Conspiration. [^6]: Harrowby. [^7]: Ministre de France en Basse Saxe à Hambourg et près les villes Hanséatiques. [^8]: Voir ci-dessus n° 9089. [^9]: Mathieu de Lesseps, le père de Ferdinand de Lesseps. Sous-commissaire des relations commerciales à Damiette, il est déjà chargé du commissariat général du Caire. Malade, il rentre en France en novembre 1804 et Napoléon lui confie l’administration des îles Ioniennes. [^10]: Ambassadeur de France en Espagne. [^11]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, France, vol. 1775, fol. 58.</body>