| identifiant | CG4-9067.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/08/07 00:00 |
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| titre | Napoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9067. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Calais, 19 thermidor an XII [7 août
1804]</h2><p lang="fr-FR">Monsieur Talleyrand, ministre des
Relations extérieures, vous avez dû faire connaître à mes
ministres près les différentes cours,
</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">1</font><font color="#000000"><sup>o</sup></font><font color="#000000">
Pourquoi la cour de Vienne n'avait pas encore envoyé ses lettres de
créance ;</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">2</font><font color="#000000"><sup>o</sup></font><font color="#000000">
le langage qu'ils devaient tenir relativement à la note russe à
Ratisbonne</font>[^1]<font color="#000000">,
et à la conduite de la cour de Vienne à cette diète. Mon intention
est de leur faire connaître aujourd'hui d'une manière précise la
raison de la conduite inconcevable de la Russie, et le langage à
insinuer, soit aux journaux, soit dans la conversation. Il n'y a
aucune cour aussi pauvre en hommes que celle de Russie ; Markov y est
un aigle ; Woronzov y est connu publiquement pour être plutôt
citoyen anglais que citoyen russe. Depuis longtemps cette clique
avait cherché à vendre les intérêts nationaux de la Russie à
l'Angleterre ; l'évidence de la raison et l'intérêt de la Russie,
joints au sens droit de l'empereur Alexandre, avaient toujours
maintenu la bonne intelligence avec la France, et leurs intrigues
avaient été déjouées. On a trouvé moyen de surprendre la note
qui a été envoyée à Ratisbonne, non comme démarche qui pût
faire aucun effet, puisque Ratisbonne n'est rien (une démarche
directe à Paris ou à Vienne était plus conséquente), mais pour
engager l'empereur, espérant que la France répondrait vivement et
que l'empereur se trouverait en guerre avec elle sans s'en douter. La
prudence de l'Empereur des Français a déjoué cette basse intrigue.
La cour de Russie reste aujourd'hui incertaine ; elle s'aperçoit de
l'inconséquence de sa démarche ; et, dans tout ce qu'elle fait dire
à Paris, on ne sait où elle veut aller. Elle a la conscience </font><font color="#000000"><i>de</i></font><font color="#000000">
son impuissance pour se mêler des affaires de l'Europe ; </font><font color="#000000"><i>c'est
tout</i></font><font color="#000000"> comme si la France voulait se
mêler des affaires de la Perse. Tout porte donc à penser qu'une
rupture n'aura pas lieu entre les deux puissances. Les gens de bon
esprit qui se trouvent à Pétersbourg sentent que cette conduite de
la Russie lui fait perdre toute son influence, et qu'enfin on ne
pouvait mieux en expliquer le résultat, soit qu'elle voulût faire
la guerre, soit qu'elle restât dans cet état de bouderie avec la
France, que par le mot de l'Empereur des Français en lisant la note
présentée à Ratisbonne : « Ah !, a-t-il dit, voilà la
prépondérance qu'avait acquise la Russie en Europe, par sa
médiation avec la France à Ratisbonne, détruite ! » Dans le fait,
c'est cela seulement qu'on peut prévoir. Si la Russie se brouillait
avec la France, son impuissance serait telle, que l'Europe cesserait
d'avoir pour elle cette estime et cette considération qu’elle doit
à son alliance avec la France. Si elle s'unissait avec l'Autriche,
elle serait battue, et la puissance de la France deviendrait
colossale. Ne l'a-t-elle pas été, battue, en Suisse, en Hollande ?
Et quand Souvarov</font>[^2]<font color="#000000">
arrivait, notre armée n'était-elle pas au-delà de l'Adda ?
Écrivez dans ce sens ; faites des bulletins dans ce sens, et
commentez beaucoup la campagne de l'an VII.</font>[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: Protestation contre la violation du territoire du Bade lors de l’arrestation du duc d’Enghien.
[^2]: Souvorov.
[^3]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, France, vol. 1776, fol. 10 Une note des archives précise : « Cette pièce a été mal datée et placée ici par erreur : elle devrait être à la place de la copie n° 46 (1775, fol. 54) qui se trouve dans le volume 5 au 19 thermidor an XIII ».</body> |
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