CG4-9060.md

identifiantCG4-9060.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/08/06 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 9060. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Calais, 18 thermidor an XII [6 août 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Monsieur Fouché, ministre de la Police générale, j'ai lu avec grand intérêt la première partie du rapport du voyageur d'Husum</font>[^1]<font color="#000000">. Quand j'aurai lu la seconde partie, je vous ferai connaître ce que je désire qu'il fasse. Je ne reçois jamais le </font><font color="#000000"><i>Courrier de Londres</i></font><font color="#000000">. Quand il en méritera la peine, vous me l'enverrez. Si vous jugez que des extraits soient utiles, faites-les mettre dans les papiers de Paris. Il y a certainement à Paris un foyer d'intrigues, qu'il faudrait chercher à découvrir. Peut-être faudrait-il, si l'abbé David est en liberté</font>[^2]<font color="#000000"> chez lui, s'informer s'il a reçu ses papiers, et le faire arrêter de manière à les saisir tous. Cet homme a eu le premier fil de la conjuration. Il serait assez convenable de chercher à paralyser les bruits que des coteries ont l'art de répandre, et d'en distraire le public en faisant courir dans un sens différent des nouvelles arrivant de Londres ou de tout autre endroit. Il est facile de donner un peu plus de couleur aux journaux.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Le commissaire général de police de Boulogne</font>[^3]<font color="#000000"> est un bon jeune homme, mais bien jeune ; il n'est pas donné à cet âge de connaître la perversité du cœur humain. Il donne trop facilement des permissions de séjourner à Boulogne. Faites arrêter Hyde</font>[^4]<font color="#000000"> et l'abbé Ratel</font>[^5]<font color="#000000">. Donnez des instructions pour faire aussi arrêter Montjoie, qui finira par se présenter sur le Rhin.</font>[^6]</p> [^1]: <span></span> Cet espion resté inconnu jusqu’à aujourd’hui serait un certain Charles de Renémesnil (né vers 1760). Cet homme a été recruté par Colleville, ancien émigré, qui était chargé, par Regnier, de surveiller les entrées éventuelles d’agents anglais sur le continent. En accord avec Talleyrand, Reinhard, ministre français près le Cercle de Basse Saxe, envoie Renémesnil à Husum pour surveiller les allés et venues dans ce petit port d’Allemagne du Nord, point d’entrée possible. Les premiers rapports sont datés de mars 1804 et sont envoyés au ministère des Relations extérieures (Archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance politique, Hambourg, vol. 118) et sont ensuite adressés à Fouché qui les reproduit dans les <i>Bulletins de Police</i> sous l’article : Husum, dont la dernière occurrence semble être en janvier 1805 (Ernest d’Hauterive, <i>La police secrète du Premier Empire, 1804-1805</i>, Librairie académique Perrin et C<sup>ie</sup>, 1908, vol I). [^2]: Malgré son acquittement au procès de la conspiration de l’an XII, l’abbé Pierre David est resté en détention. [^3]: Villiers du Terrage. [^4]: Hyde de Neuville, accusé d’avoir fomenté l’attentat de la rue Saint-Nicaise. [^5]: On croyait cet agent royaliste à Paris. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 865, thermidor an XII, n° 36.</body>