CG4-8979.md

identifiantCG4-8979.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/07/02 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8979. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 13 messidor an XII [2 juillet 1804]</h2><p lang="fr-FR">L'ennemi a eu des frégates, pendant presque toute la guerre passée et celle-ci, dans la baie de Douarnenez ; cependant, de la pointe de la Chèvre à l'anse du château de Beuzec, il n'y a que 4 800 toises. Si l'on établissait dans ces deux points deux batteries, chacune de quatre pièces de 36, avec des affûts propres à tirer sur l'angle de 45 degrés, les boulets ne se croiseraient pas, mais ne laisseraient qu'un intervalle de 200 toises ; car une pièce de 36, sur l'angle de 45 degrés, porterait un obus ou un boulet à 2 300 toises ; lors donc que l'ennemi, que les courants doivent nécessairement approcher d'un côté ou de l'autre, aurait le risque d'être canonné, il est probable qu'il ne s'y présenterait plus.</p><p lang="fr-FR">On mettrait également à chacune de ces batteries deux mortiers à plaque, qui portent la bombe à 2 100 toises ; l'on y mettrait aussi deux pièces de 36 sur affût ordinaire, pour tirer à boulet rouge en cas que l'ennemi approchât.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Il faudrait aussi établir un mortier à plaque</font>[^1]<font color="#000000">, avec deux pièces de 36 à 45 degrés, sur la pointe de Carrec-Guen et la pointe de Saint-Sébastien, ce qui rétrécirait encore beaucoup l'endroit où l'ennemi pourrait mouiller.</font></p><p lang="fr-FR">Comme ces points sont désignés par le seul aspect de la carte, l'ingénieur trouverait les points les plus propres à inquiéter l'ennemi.</p><p lang="fr-FR">Je prie le ministre de la Marine de me faire connaître son opinion sur ce projet, et de me faire connaître sur les meilleures cartes la distance exacte de l'entrée de la baie de Douarnenez.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Il faudrait aussi avoir à Audierne douze ou quinze chaloupes canonnières pour menacer une frégate qui serait prise par le calme ; et, dès l'instant que l'ennemi se serait aperçu qu'il y a des moyens défensifs, il cesserait de se tenir dans cette baie et d'interrompre nos communications. Il y a à Brest d'anciens mortiers de galiote qui doivent porter à 2 300 toises ; il faudrait les faire essayer, et désigner pour cet endroit ceux qui ont le plus de portée.</font>[^2]</p> [^1]: Mortier employé par la marine ; il est coulé avec une plaque, de manière à être toujours pointé sous l'angle de 42,5 degrés, qui est l'angle de la plus grande portée dans l'air ; le mortier à plaque de 12 pouces, modèle de l’an XI, qui est l’arme de campagne la plus forte, lance une bombe de 90 kilogrammes à 4 000 mètres. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 865, messidor an XII, n° 28.</body>