| identifiant | CG4-8953.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/06/23 00:00 |
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| titre | Napoléon à Melzi d’Éril, vice-président de la République italienne |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8953. - </b>À Melzi d’Éril, vice-président de la République italienne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 4 messidor an XII [23
juin 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Citoyen Melzi,
vice-président de la République italienne. J'ai reçu votre lettre
du 29 mai. Je vous remercie de tous les sentiments que vous
m'exprimez : je les mérite par mon constant désir de voir la
République italienne prospère et heureuse. Depuis que vous gérez
les affaires de la République</font>[^1]<font color="#000000">,
son administration s'est considérablement améliorée ; je vous sais
gré de l'ordre que vous avez rétabli dans les finances, des
dilapidateurs que vous m'avez éloignés. La République italienne a
déjà fait un pas dans la carrière des Nations, puisque aucune de
ses parties ne voudrait faire un pas en arrière, et retourner à son
ancien état.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">J'ai lu et
médité avec toute l'attention convenable les différentes
propositions de la Consulte d'État. Je suis constant dans ma manière
de voir les affaires de la patrie italienne, et ses intérêts se
trouvent heureusement pour moi conformes à tous mes autres
intérêts</font>[^2]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">La République
italienne restera indépendante ; elle restera une ; nous y
établirons, comme le désire la Consulte, un ordre de choses plus
conforme à l'esprit du siècle où nous vivons, et au degré où est
arrivée la société. Lorsqu'il sera temps, je répondrai à la
Consulte. Tous ces objets méritent la plus grande méditation, et
malgré les événements de paix, de guerre, d'organisation, au
milieu desquels je me trouve, chaque chose arrive à son temps. Je me
contente donc de vous dire que vos vœux, vos plans, vos désirs ne
seront contrariés en rien, et que je mettrai toujours en première
ligne, en réglant les affaires de la République italienne, son
intérêt, mais son intérêt bien entendu. Si à la Consulte de
Lyon</font>[^3]<font color="#000000">,
les esprits légers et superficiels eussent été écoutés, et qu'on
eût différemment disposé de la présidence, où en serait
aujourd'hui la République italienne ? Des projets et des plans
s'écrivent en peu d'heures, mais les Nations n'apprennent à se
conduire qu'avec des années</font>[^4]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Dans votre
dépêche il n'y a que ce qui vous concerne qui ne peut me convenir.
Vous êtes engagé dans la lice, il faut que désormais vous mouriez
au milieu des hommes et des embarras du gouvernement des Nations</font>[^5]<font color="#000000">.</font>[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Melzi est vice président de la République italienne depuis janvier 1802. C’est lui qui s’occupe des affaires courantes, à Milan, le président Bonaparte conservant en tous domaines un pouvoir d’évocation.
[^2]: La Consulte s’est prononcée en faveur de la transformation de la République italienne en royaume, le 28 mai précédent.
[^3]: Napoléon, présent à Lyon du 11 au 27 janvier 1802, a été nommé par la Consulte qui s’y est réunie président de la République italienne le 26.
[^4]: Napoléon repousse sa réponse à la Consulte pour les raisons invoquées, certes, mais aussi parce que les députés ont posé des conditions à la transformation de la république en royaume : que si Napoléon devenait roi, son successeur serait issu de sa seconde géniture et serait tenu de résider « constamment » en Italie ; que, partant, la dignité royale italienne deviendrait incompatible avec celle d’Empereur des Français ; que le royaume serait dans tous les cas politiquement indépendant ; que les emplois soient réservés aux seuls nationaux ; etc.
[^5]: <span></span> Dans sa lettre, Melzi se plaignait de ses crises de goutte qui l’ont incapacités à de nombreuses reprises depuis son accession à la vice-présidence et demandait a se retirer des affaires. Il était aussi hostile à la mainmise de plus en plus complète des Français sur l’Italie, lui qui aurait bien aimé voir son pays plus indépendant (Carlo Zaghi, <font color="#000000"><i>I
carteggi di Francesco Melzi d'Eril duca di Lodi, La Vice-Presidenza
della Republica Italiana</i></font><font color="#000000">, Museo del
Risorgimento e racolte storiche del commune di Milano, 1958, t. VI,
p. 228, n° 2014, </font><font color="#000000">d’après
l’expédition, Archivio di Stato di Milano, Archives Melzi</font><font color="#000000">.</font>
[^6]: <span></span><span lang="it-IT">
Carlo Zaghi, </span><font color="#000000"><span lang="it-IT"><i>I
carteggi di Francesco Melzi d'Eril duca di Lodi, La Vice-Presidenza
della Republica Italiana</i></span></font><font color="#000000"><span lang="it-IT">,
Museo del Risorgimento e racolte storiche del commune di Milano,
1958, t. VI, p. 265, n° 2014, </span></font><font color="#000000"><span lang="it-IT">d’après
l’expédition, Archivio di Stato di Milano, Archives Melzi</span></font><font color="#000000"><span lang="it-IT">.
Minute, Archives nationales, AF IV 865, messidor an XII, n° 9.</span></font></body> |
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