| identifiant | CG4-8929.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/06/03 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Soult, commandant du camp de Saint-Omer |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8929. - </b>Au maréchal Soult, commandant du camp de Saint-Omer</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 14 prairial an XII [3
juin 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Mon cousin, je
reçois le compte que vous me rendez des chaloupes canonnières de la
Garde. Elles seront jointes à Boulogne par 27 autres qui vont partir
du Havre sous le commandement du capitaine Daugier</font>[^1]<font color="#000000">,
et qui formeront une belle division de 36 chaloupes canonnières et
de 36 péniches. L'artillerie doit avoir des pièces de 24 légères.
On peut de préférence les placer sur les chaloupes canonnières de
la Garde.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Faites
connaître au général Legrand</font>[^2]<font color="#000000">
et au chef de bataillon Cuny</font>[^3]<font color="#000000">
que je leur ai accordé ce qu'ils me demandent, et que j'en ai fait
sur-le-champ expédier l'ordre.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Sans ce
misérable procès</font>[^4]<font color="#000000">,
je serais déjà au milieu des camps. Les débats sont publics depuis
quatre jours. J'espère que, dans sept ou huit jours, tout sera fini.
J'imagine qu'on aura fait courir au camp, comme à Paris, des bruits
de guerre continentale. Cela serait fâcheux sous le seul point de
vue que cela pourrait détourner notre attention de l'Angleterre, car
malheur à ceux qui nous chercheraient ! Par les recensements, que
j'ai fait faire aujourd'hui, des hommes présents sous les armes, il
résulte que j'ai 60 000 hommes de plus qu'en nivôse an IX,
moment où nos armées étaient au plus haut degré de prospérité
et de force. Mais toutes ces forces, que je compte encore augmenter
de la conscription de l'année prochaine, ne nous seront point
nécessaires. Le Corps germanique, l'Autriche, la Prusse, marchent au
mieux avec nous. Quelques allures anglaises ont fait faire une fausse
démarche à la Russie, qui a porté le deuil du duc d'Enghien</font>[^5]<font color="#000000">,
ce qui a fait ressouvenir l'Europe de l'assassinat de Paul I</font><font color="#000000"><sup>er</sup></font>[^6]<font color="#000000">
qu'on commençait à oublier.</font></p><p lang="fr-FR">Nous commençons enfin à être, du
côté de la mer, dans une position respectable, tant par la
flottille que par nos gros vaisseaux de guerre.</p><p lang="fr-FR">Je désire que vous visitiez
vous-même les biscuits et les vins, surtout ce qui est le plus
anciennement dans les magasins, pour vous assurer que rien n'est
gâté.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je désire
également que tous les bataillons soient complétés à 800 hommes
par les 3</font><font color="#000000"><sup>es</sup></font><font color="#000000">
bataillons, et que vous me fassiez connaître si tous les avirons
sont installés à bord des bâtiments de la flottille de transport,
et si tous leurs équipages sont en règle et en état.</font>[^7]</p>
[^1]: Voir ci-dessus n° 8883.
[^2]: <span></span> Commande la 3<sup><font size="2" style="font-size: 10pt">e</font></sup><font size="2" style="font-size: 10pt">
division du camp de Saint-Omer.</font>
[^3]: <span></span> Commandant l’artillerie de la 3<sup>e</sup> division du camp de Siant-Omer.
[^4]: Le procès de la Grande Conspiration a débuté le lundi 28 mai 1804. On redoute des troubles dans Paris en raison de la comparution de Moreau. L’armée est requise pour la surveillance et le maintien de l’ordre. Le verdict sera rendu le 10 juin.
[^5]: Voir ci-dessus n° 8870.
[^6]: <span></span> Empereur de Russie auquel a succédé son fils Alexandre I<sup>er</sup>, ce dernier est soupçonné non sans raison d’avoir participé au complot fatal à son père. Lorsque d’Oubril avait protesté contre l’exécution du duc d’Enghien, Bonaparte lui avait répondu : « La plainte que le Russie élève aujourd’hui conduit à se demander si, lorsque l’Angleterre méditait l’assassinat de Paul I<sup>er</sup>, on eût en connaissance que les auteurs se trouvaient à une lieu de ses frontières, on n’eût pas été empressé de les faire saisir. » La réplique avait été publiée au <i>Moniteur</i>.
[^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 865, prairial an XII, n° 42.</body> |
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