CG4-8804.md

identifiantCG4-8804.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/04/14 00:00
titreNapoléon au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8804. - </b>Au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 24 germinal an XII [14 avril 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Citoyen général Soult, j'ai reçu votre dernière lettre</font>[^1]<font color="#000000">. Les conseils généraux des départements, les collèges électoraux et tous les grands corps de l'État demandent que l'on mette enfin un terme aux espérances des Bourbons, en plaçant la République à l'abri des secousses des élections et de l'incertitude de la vie d'un homme</font>[^2]<font color="#000000">. Mais, jusqu'à cet instant, je ne me suis encore décidé à rien ; cependant je désire que vous m'instruisiez en grand détail de l'opinion de l'armée sur une mesure de cette nature. Vous sentez que je n'y serais porté que dans le seul but de l'intérêt de la Nation, car le peuple français m'a fait si grand et si puissant que je ne puis plus rien désirer.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Vous devez prévenir le colonel du 4</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000"> régiment que je l'ai nommé général de brigade</font>[^3]<font color="#000000">. J'envoie, pour le remplacer comme colonel, mon frère Joseph ; il a, dans les premières campagnes de la révolution, servi comme chef de bataillon ; il a à cœur, comme moi, de devenir militaire ; car, dans les temps où nous vivons, ce n'est pas assez de servir l'État par ses conseils dans les négociations les plus difficiles ; il faut encore pouvoir, si les circonstances le veulent, le servir avec son épée. Mais, comme il faut que j'informe déjà le Sénat de cette mesure, il faut tenir cela secret. Je pense que Joseph sera à Boulogne avant le 1</font><font color="#000000"><sup>er</sup></font><font color="#000000"> du mois prochain ; il doit y faire son métier avec la plus grande rigueur. Seulement, au moment de son arrivée, vous pourrez le recevoir avec tous les honneurs dus à un grand officier de la Légion d'honneur, à un sénateur et à une personne qui m'est si chère. Il descendra pour cela à mon quartier général. Mais, ces honneurs une fois rendus, il devra mettre son habit de colonel et être subordonné comme le veut la loi militaire.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">J'ai nommé capitaine dans le même corps Stanislas Girardin</font>[^4]<font color="#000000">, qui était capitaine lorsqu'il est entré au Corps législatif. Je désire que vous me fassiez connaître le meilleur capitaine du 4</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">, que je veux faire entrer dans la Garde, afin que cela ne fasse aucun tort à l'avancement du corps. Faites connaître au général Suchet que j'ai accordé à son frère</font>[^5]<font color="#000000"> la place qu'il m'a demandée.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je désire beaucoup être débarrassé de ce procès</font>[^6]<font color="#000000">, ce qui sera, j'espère, sous dix jours, pour venir vous voir.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Berthier, je crois, part demain.</font>[^7]</p> [^1]: <span></span> Le 28 mars, le Sénat a adressé un message à Bonaparte pour le féliciter d’avoir échappé au péril de la grande conspiration. Le message contient les phrases suivantes : « Dans les villes, dans les campagnes, si vous pouviez interroger les Français l’un après l’autre, il n’y en a aucun qui ne vous dise ainsi que nous : <i>Grand Homme, achevez votre ouvrage en le rendant immortel comme votre gloire</i> ». Le 12 avril, Soult a voulu se faire « l’écho » des sentiments de ses troupes : « L’armée voudrait pouvoir vous dire qu’elle désire et qu’elle demande que vous soyez proclamé empereur des Gaules et que l’hérédité soit déclarée établie dans votre famille ». [^2]: De nombreuses adresses, sorte d’ « appel montant de la Nation », parviennent à ce moment à Bonaparte afin qu’il institue une monarchie républicaine mais héréditaire. [^3]: Jacques Lazare de Savetier de Candras a été nommé la veille. [^4]: Louis Stanislas de Girardin était alors membre du Tribunat. [^5]: Gabriel Suchet. [^6]: Le procès de Cadoudal et ses complices auxquels on adjoindra Moreau. [^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 864, germinal an XII, n° 39.</body>