| identifiant | CG4-8751.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/03/20 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Murat, gouverneur de Paris |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8751. - </b>Au général Murat, gouverneur de Paris</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 29 ventôse an XII [20
mars 1804][^1]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Vous trouverez
ci-joint un arrêté</font>[^2]<font color="#000000">
relatif au duc d'Enghien. Vous nommerez le général Hulin pour
présider la commission. Il semble que vous pouvez la composer du
colonel du 1</font><font color="#000000"><sup>er</sup></font><font color="#000000">
de cuirassiers</font>[^3]<font color="#000000">,
de celui du 18</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">
de cavalerie</font>[^4]<font color="#000000">,
de l'un des deux colonels de la garde de Paris</font>[^5]<font color="#000000">,
de ceux de la 4</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">
légère</font>[^6]<font color="#000000">,
de la 18</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font><font color="#000000">
de ligne</font>[^7]<font color="#000000">
et de la 96</font><font color="#000000"><sup>e</sup></font>[^8]<font color="#000000">.</font><sup><font color="#000000">
</font></sup><font color="#000000"> Vous pourrez nommer pour
accusateur l'adjudant-major de la gendarmerie d'élite</font>[^9]<font color="#000000">.
Comme il ne faut que sept membres, vous écarterez celui que vous ne
jugerez pas à propos de désigner</font>[^10]<font color="#000000">.</font>[^11]</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Donnez ordre
que le chef d'escadron Jacquin</font>[^12]<font color="#000000">
de la gendarmerie d'élite se rende à Vincennes pour y faire toutes
les dispositions pour la garde du château en se concertant cependant
avec le commandant de Vincennes</font>[^13]<font color="#000000">
Vous ordonnerez à 20 gendarmes d'élite à cheval, à 20 gendarmes
d'élite à pied et à un piquet de 60 hommes de la garnison des
divers corps</font>[^14]<font color="#000000">,
sous les ordres d'un capitaine, d'un lieutenant et d'un
sous-lieutenant, de se rendre à Vincennes pour y faire garnison et
exécuter</font>[^15]<font color="#000000">
la sentence.</font></p><p lang="fr-FR">Faites entendre aux membres de la
commission qu'il faut terminer dans la nuit et ordonnez que la
sentence, si, comme je n'en peux douter, elle porte condamnation à
mort, soit sur-le-champ exécutée et le condamné enterré dans une
des cours du fort.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je donne ordre
à Savary</font>[^16]<font color="#000000">
de se rendre près de vous. Il désignera lui-même les soldats et
les officiers de sa légion qui doivent composer les deux
détachements, et il veillera sur le tout</font>[^17]<font color="#000000">.</font>[^18]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: <span></span> Le même jour, à 4 heures du soir, Murat reçoit la lettre suivante, écrite par ordre du Premier Consul : « Général, d'après les ordres du Premier Consul, le duc d'Enghien doit être conduit au château de Vincennes, où les dispositions sont faites pour le recevoir. Il arrivera probablement cette nuit à cette destination. Je vous prie de faire les dispositions qu'exige la sûreté de ce détenu, tant à Vincennes que sur la route de Meaux par laquelle il vient. Le Premier Consul a ordonné que le nom de ce détenu et tout ce qui lui serait relatif fût tenu très secret. En conséquence, l'officier chargé de sa garde ne doit le faire connaître à qui que ce soit ; il voyage sous le nom de Plessis. Je vous invite à donner, de votre côté, les instructions nécessaires pour que les intentions du Premier Consul soient remplies » (<font color="#000000"><i>Correspondance de Napoléon I</i></font><font color="#000000"><sup><i>er</i></sup></font><font color="#000000"><i>
publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i></font><font color="#000000">,
n° 7637, d’après les Archives de l’Empire).</font>
[^2]: <span></span> « Art.1 Le ci-devant duc d'Enghien prévenu d'avoir porté les armes contre la République, d'avoir été et d'être encore à la solde de l'Angleterre, de faire partie des complots tramés par cette dernière puissance, contre la sûreté intérieure et extérieure de la République, sera traduit à une commission militaire composée de sept membres nommés par le général gouverneur de Paris et qui se réunira à Vincennes. <p class="sdfootnote-western" lang="fr-FR">Art.2
Le Grand Juge, le ministre de la Guerre, et le général gouverneur
de Paris, sont chargés de l'exécution du présent arrêté. Le
Premier Consul, signé Bonaparte. Par le Premier Consul, le
Secrétaire d'État signé Hugues B. Maret. » Paul Le Brethon,
<font color="#000000"><i>Lettres et documents pour servir à
l’histoire de Joachim Murat, publié par S. A. le prince Murat</i></font><font color="#000000">,
Librairie Plon, 1909, t. II, p. 94, n° 1326.</font></p>
[^3]: Adrien François Marie Guiton.
[^4]: <span></span> À cette date le 18<sup>e</sup> de cavalerie est devenu le 27<sup>e</sup> de dragons, il est commandé par Denis Terreyre.
[^5]: <span></span> Celui faisant partie de la commission militaire est Jean-François Rabbe, colonel du 2<sup>e</sup> régiment d’infanterie de la garde de Paris, le 1<sup>er</sup> régiment d’infanterie de la garde de Paris étant commandé par François Remoissenet.
[^6]: Jean Baptiste Lecat de Bazancourt.
[^7]: <span></span> Jean-Baptiste Antoine Ravier. Est nommé également le capitaine Molin du 18<sup>e</sup> de ligne en qualité de greffier.
[^8]: <span></span> Pierre Barrois (1774-1860), colonel du 96<sup>e</sup> de ligne (octobre 1803).
[^9]: Pierre d’Autancourt.
[^10]: <span></span> C’est le colonel Terreyre du 18<sup>e</sup> de cavalerie qui n’est pas retenu par Murat. Les troupes et plusieurs colonels recevront des gratifications pour leur participation à cette affaire (voir ci-dessous n° 8771 et 8950).
[^11]: <span></span> Dans le même fonds des Archives nationales, il existe deux copies de cette lettre, celle publiée par Paul Le Brethon (<font color="#000000"><i>Lettres
et documents pour servir à l’histoire de Joachim Murat, publié
par S. A. le prince Murat</i></font><font color="#000000">,
Librairie Plon, 1909, t. II, p. 94, n° 1327, d’après les
Archives Murat) ne comporte pas cette phrase.</font>
[^12]: <span></span><b>Jacquin</b> Jean-Baptiste (1759-1841) chef d’escadron dans le régiment de la Garde des Consuls, 1<sup>er</sup> septembre 1803 ; officier de la Légion d’honneur, 14 juin 1804 ; major avec rang de colonel, 5 juillet 1804. Il assure la sécurité de Vincennes lors du jugement du duc d’Enghien.
[^13]: <span></span> Les instructions, par ordre du Premier Consul, pour la garde du duc d’Enghien sont adressées au commandant du château de Vincennes Harel le 20 mars à 4 heures et demi : « Un individu dont le nom ne doit pas être connu citoyen commandant, doit être conduit dans le château dont le commandement vous est confié ; vous le placerez dans l'endroit qui est vacant [au pavillon du roi], en prenant les précautions convenables pour sa sûreté. L'intention du Gouvernement est que tout ce qui lui sera relatif soit tenu très secret, et qu'il ne lui soit fait aucune question sur ce qu'il est et sur les motifs de sa détention. Vous-même devrez ignorer qui il est. Vous seul devrez communiquer avec lui, et vous ne le laisserez voir à qui que ce soit, jusqu'à nouvel ordre de ma part. Il est probable qu'il arrivera cette nuit. Le Premier Consul compte, citoyen commandant, sur votre discrétion et votre exactitude à remplir ces différentes dispositions » (<font color="#000000"><i>Correspondance de Napoléon I</i></font><font color="#000000"><sup><i>er</i></sup></font><font color="#000000"><i>
publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i></font><font color="#000000">,
n° 7638, d’après les Archives de l’Empire).</font>
[^14]: Voir ci-dessous n° 8771.
[^15]: Ce mot est important car il montre que la mort d’Enghien est l’issue souhaitée par Bonaparte.
[^16]: Aide de camp du Premier Consul et commandant de la gendarmerie d’élite.
[^17]: Commencent pour Savary trente années de polémiques sur son rôle dans l’affaire. Il en fut bien l’exécutant « technique ».
[^18]: <span></span> Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 1. Malgré nos recherches, aucun original de cette lettre n’a été retrouvé. Son authenticité a été mise en doute notamment par Maurice Schumann (<font color="#000000"><i>Qui a tué le duc
d’Enghien ?</i></font><font color="#000000">, Perrin, 1984,
p. 63). </font></body> |
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