| identifiant | CG4-8747.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1804/03/19 00:00 |
| titre | Napoléon au général Murat, gouverneur de Paris |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8747. - </b>Au général Murat, gouverneur de Paris</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 28 ventôse an XII [19 mars 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Citoyen général Murat, je reçois votre lettre</font>[^1]<font color="#000000">. Si le duc de Berry</font>[^2]<font color="#000000"> était à la fois logé chez M. de Cobenzl</font>[^3]<font color="#000000">, et M. d'Orléans</font>[^4]<font color="#000000"> logé chez le marquis de Gallo</font>[^5]<font color="#000000">, non seulement je les ferais arrêter cette nuit, et je les ferais fusiller, mais je ferais aussi arrêter ces ambassadeurs et ils subiraient le même sort, et le droit des gens</font>[^6]<font color="#000000"> ne serait en rien compromis. Comme il est de toute impossibilité que ces ministres, sous peine de risquer leurs têtes, se fussent portés à une démarche aussi insensée, et comme loin d'autoriser les conspirateurs, le cabinet de Vienne ne veut pas même souffrir chez lui le séjour d'aucun prince français, je ne permettrai pas qu'il soit fait aucune perquisition. Et vous ferez bien de faire arrêter l'homme qui vous a donné cet avis, qui est un misérable qui veut compliquer les choses toutes simples. Tout le monde sait que les maisons des ambassadeurs ne peuvent servir d'asile pour des crimes d'État. Ne vous laissez donc pas amuser par de pareilles folies et ne souffrez pas que devant vous on dise cela.</font>[^7]<font color="#000000"> </font> </p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Quant à la seconde partie de votre lettre, vous exprimez assez bien combien cela est horriblement absurde. Le prince Charles</font>[^8]<font color="#000000"> est un homme brave et loyal, auquel je suis particulièrement attaché, et je pense la même chose de MM. de Cobenzl et Gallo, qui bien loin de cacher des hommes qui conspireraient contre moi, seraient les premiers à m'en donner avis.</font></p><p lang="fr-FR">Mon intention n'est pas qu'on fasse même aucune surveillance particulière autour de ces maisons.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Il n'y a à Paris d'autres princes que le duc d'Enghien, qui arrivera demain à Vincennes. Soyez certain de cela et ne souffrez pas qu'on dise le contraire devant vous.</font>[^9]</p> [^1]: <span></span> Cette lettre ne figure pas dans Paul Le Brethon, <i>Lettres et documents pour servir à l’histoire de Joachim Murat</i>, Plon, 1909, vol. III. [^2]: Charles Ferdinand duc de Berry, fils du comte d’Artois. [^3]: Jean-Philippe, comte Cobenzl, ambassadeur d’Autriche à Paris depuis 1801. [^4]: Louis Philippe d’Orléans, fils de Philippe égalité. [^5]: Marzio-Mastrilli, marquis de Gallo, ambassadeur de Naples à Paris. [^6]: Comprendre : le droit international. [^7]: Une rumeur s’est répandue dans Paris sur le fait que les ambassadeurs logeaient des princes français. [^8]: Frère de l’empereur François II. [^9]: Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 1. Minute, Archives nationales, AF IV 864, ventôse an XII, n° 63.</body> |