CG4-8744.md

identifiantCG4-8744.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/03/18 00:00
titreNapoléon à Barbé-Marbois, ministre du Trésor public
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8744. - </b>À Barbé-Marbois, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 27 ventôse an XII [18 mars 1804]</h2><p lang="fr-FR">Citoyen ministre du Trésor public, c'est par votre lettre que j'ai appris les entrevues qu'on supposait avoir eu lieu entre Pichegru et vous. Si je l'eusse appris par toute autre voie, je vous en eusse fait part sur-le-champ. J'ai la consolation, dans cette malheureuse affaire, de ne pas trouver un seul homme de ceux que j'avais placés dans les autorités, que j'avais le moindrement approchés de moi, directement ou indirectement même prévenu. Bien plus, ma maison se compose de plus de 600 domestiques ; plusieurs ont servi à Versailles ; on a voulu en tenter quelques-uns, mais leur contenance a toujours été telle que directement ni indirectement aucun ne se trouve prévenu.</p><p lang="fr-FR">Quant à vous, ministre de la République, allié d'un Consul, et en qui je me plais à avoir autant de confiance, c'eût été le comble du délire et de la folie de la part des agents de l'étranger de vous laisser rien pénétrer de leurs projets.</p><p lang="fr-FR">Quant aux bruits qu'on peut répandre, ils ne prouvent qu'une chose, qu'il est fort heureux pour une nation d'être gouvernée. Ces bruits sont l'aliment du reste des factions, qui les convertiraient en listes de proscriptions si elles parvenaient à le pouvoir.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Au reste on a poussé la bêtise jusqu'à compromettre tous les ambassadeurs et même celui de Vienne</font>[^1]<font color="#000000">, dont on connaît la prudence et la circonspection, qui a été portée par sa cour au point de n'avoir voulu jamais qu'aucun prince restât dans ses États.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je puis dire aujourd'hui ce que le Grand Juge</font>[^2]<font color="#000000"> a dit avec mon approbation, il y en a de moins marquants que ceux dont les noms sont dans </font><font color="#000000"><i>Le Moniteur</i></font><font color="#000000">.</font>[^3]</p><p lang="fr-FR">Barthélemy[^4]<font color="#000000">, il est vrai, a été compromis, mais c'est encore sur</font> le compte de banque.[^5]</p> [^1]: Cobenzl. [^2]: Regnier. [^3]: Voir ci-dessus n° 8715. [^4]: François Barthélemy s’était lié d’amitié avec Pichegru lors de sa déportation en Guyane en 1798, d’où ils s’évadèrent peu de temps après leur arrivée. Après plusieurs rencontres fin 1803 avec l’abbé David qui l’informe des menés des conjurés, Barthélemy écrit une lettre à Pichegru qui est saisie lors de l’arrestation de David à Calais en décembre 1803. Barthélemy ne sera que peu inquiété de cette démarche. En revanche son frère Anicet, banquier, a accepté des transferts de fonds pour les conjurés ce qui lui vaut d’être emprisonné. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 864, ventôse an XII, n° 59.</body>