| identifiant | CG4-8742.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1804/03/17 00:00 |
| titre | Napoléon au général Davout, commandant du camp de Bruges |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8742. - </b>Au général Davout, commandant du camp de Bruges</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 26 ventôse an XII [17 mars 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Citoyen général Davout, j'ai appris avec plaisir l'arrivée du contre-amiral Verhuell</font>[^1]<font color="#000000"> et la bonne manœuvre qu'il a faite</font>[^2]<font color="#000000">. J'aurais préféré que les bateaux canonniers vinssent par mer</font>[^3]<font color="#000000"> ; mais, puisque le trajet était à demi fait, vous avez eu raison de le faire continuer.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">J'ai vu avec peine vos discussions avec le général Magon</font>[^4]<font color="#000000">. Il ne faut point oublier que la marine ne fait point partie de l'armée, que c'est, dans l'État, une organisation et un ministère à part, et qu'il y faut une manière d'être tout à fait différente ; car, dans tous les pays du monde et dans tous les siècles, les marins et les soldats de terre ont été enclins à être mal ensemble. D'ailleurs, si les marins croyaient être commandés par des officiers de terre, ils perdraient confiance et finiraient par se dégoûter. Quand je me suis adressé à vous, ç'a toujours été dans la pensée que vous y influassiez par l'ascendant naturel que vous devez avoir sur Magon.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">J'ai vu avec peine que deux péniches de Sidney Smith</font>[^5]<font color="#000000"> aient enlevé la patache de l'Écluse</font>[^6]<font color="#000000">. Il n'y a donc pas un poste d'infanterie ou de cavalerie pour protéger cette patache ? Faites-moi un rapport détaillé là-dessus. C'est un petit échec que nous n'aurions pas dû éprouver. Les officiers d'état-major chargés de l'inspection de la côte ne sont donc pas toujours à cheval ? Si cette patache a été prise hors de la portée du canon de terre, ce n'est point leur faute ; mais, si elle a été prise près de terre, la faute en est certainement à eux.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Il ne faut pas s'embarrasser si la flottille batave ne peut sortir d'Ostende qu'en deux marées ; je ne vois cependant pas d'inconvénient, si la marine le juge nécessaire, à jeter un ou deux corps-morts. Mais Ostende, et cela pour vous seul, n'est pas un point d'où je veuille partir pour aller en Angleterre ; et, comme la flottille partira de là pour aller mouiller dans un des ports de France, il m'importe moins qu'elle puisse sortir dans une marée ou dans deux.</font>[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Commandant de la flottille batave. [^2]: Voir ci-dessus n° 8739. [^3]: Certains bateaux font les transferts via les canaux. [^4]: Magon de Médine commande l’aile droite de la flottille de Boulogne. [^5]: Ancien adversaire de Bonaparte en Syrie. [^6]: Voir ci-dessus n° 8740. [^7]: Expédition, Musée d'Art et d'Histoire d'Auxerre, fonds Eckmühl, fol. 27.</body> |