| identifiant | CG4-8718.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/03/09 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Davout, commandant du camp de Bruges |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8718. - </b>Au général Davout, commandant du camp de Bruges</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 18 ventôse an XII [9 mars
1804], 9 heures du soir</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Citoyen général
Davout, je reçois votre lettre du 16 ventôse. J'ai fait connaître
à l'amiral Verhuell</font>[^1]<font color="#000000">
que je n'approuvais pas que les bateaux canonniers passassent par les
canaux. Il n'y a pas d'inconvénient de faire suivre cette route aux
bateaux de transport. J'imagine que d'Ostende à Flessingue vous avez
établi des détachements de cavalerie mobile ; la côte doit en être
couverte, de manière que, si un bâtiment venait à échouer, il fût
sur-le-champ protégé. Vous devez aussi avoir des batteries mobiles
d'artillerie légère, d'une pièce au moins par lieue, pour pouvoir
protéger un bâtiment qui serait coupé et poursuivi. C'est par là
que, sur les côtes de Bretagne, de Normandie et du Boulonnais, nous
avons conservé un grand nombre de bâtiments, et plus que tout cela
l'honneur attaché à notre pavillon, en déconcertant l'ennemi, qui
voit nos expéditions et nos mouvements sans pouvoir les empêcher.</font></p><p lang="fr-FR">Il est convenable que toutes les fois
que vous attendrez des convois de Flessingue, et qu'en général la
mer sera bonne, une portion de vos chaloupes canonnières, bateaux
canonniers et péniches, soit en rade pour protéger leur arrivée.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Voilà le
moment où la guerre va s'engager entre votre rade et les Anglais. Il
faut ne point épargner les boulets et les bombes, et, dès l'instant
que l'ennemi est à portée, faire tirer avec la plus grande
activité. Les canonniers de vos côtes sont quelquefois en retard.
Je crois que vous n'avez point de pièces de canon de 24 légères.
Dans ce cas, vous pourrez toujours vous servir avantageusement de six
pièces de 12 et de six obusiers. Je ne sais si vous avez des
obusiers que nous appelons </font><font color="#000000"><i>prussiens</i></font><font color="#000000">,
qui vont plus loin que les autres et dont la chambre contient quatre
livres de poudre. Ces douze pièces d'artillerie seraient partagées
à droite et à gauche du port, et seraient destinées à se porter
sur la laisse de basse mer, pour protéger les bâtiments en rade ou
dont on signalerait l'arrivée.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Faites lever un
plan de la rade, et faites-y tracer la ligne d'embossage</font>[^2]<font color="#000000">
que doit prendre la flottille toutes les fois qu'elle sortira pour
s'exercer ou pour protéger l'arrivée de bâtiments. Ayez soin que
la distance des batteries de la laisse de basse mer aux mortes et
vives eaux y soit exactement marquée.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Les corvettes
de pêche doivent rester à Dunkerque. S'il y a un malentendu,
écrivez au commandant de la marine à Dunkerque</font>[^3]<font color="#000000">.
Dès qu'elles seront toutes réunies là, allez en passer la revue,
formez-en les garnisons, et faites-les aller plusieurs fois en rade.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Le général
Dumas méprise sans doute cette lettre anonyme, quoique signée,
qu'il a reçue.</font>[^4]</p><p lang="fr-FR">Nous arrêtons tous les jours, à
Paris, quelques brigands subalternes, de ceux portés sur la liste
qui a été imprimée.</p><p lang="fr-FR">Le procès de Moreau, Pichegru, etc.,
s'instruit au tribunal criminel de la Seine. Les preuves sont très
nombreuses.</p><p lang="fr-FR">Je désire que vous m'envoyiez un
profil où vous ferez marquer le montant de la mer aux moyennes,
vives et mortes eaux, dans les ports d'Ostende et de Nieuport.</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p lang="fr-FR"><br/>
</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Georges</font>[^5]<font color="#000000">
vient d'être arrêté, à sept heures du soir, sur la place de
l'Odéon. Ce brigand a tiré quatre coups de pistolet, qui
heureusement n'ont blessé qu'un homme</font>[^6]<font color="#000000">.
Il a été pris vivant et sans avoir aucun mal. Il était déguisé
en fort de la halle, et allait à un rendez-vous pour avoir des
renseignements sur la possibilité de franchir les murailles des
barrières, qui, comme vous le savez, sont investies de sentinelles à
cinquante pas de distance. Des brigands s'y sont présentés et ont
été pris ou fusillés. Nous gardons le blocus encore quelques jours
pour quatre ou cinq brigands d'une certaine importance.</font>[^7]</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Cette nouvelle
est déjà sue dans Paris et fait sur le peuple un plaisir touchant.
Faites-la passer à Marmont et Monnet</font>[^8]<font color="#000000">.</font>[^9]</p>
[^1]: Commandant la flottille batave.
[^2]: Amarrage d’un navire de l'avant et de l'arrière grâce à des ancres et des câbles de manière que, fixé contre le vent et présentant le flanc, il ne combatte que d'un côté.
[^3]: Bonnefoux est préfet maritime de Dunkerque.
[^4]: Dumas a reçu une lettre anonyme très injurieuse pour Bonaparte et le gouvernement.
[^5]: Cadoudal.
[^6]: Lors de l’arrestation, l’officier de police Caniolle est blessé et l’officier Buffet est tué.
[^7]: Voir ci-dessus n° 8718.
[^8]: Monnet de Lorbeau commande Flessingue et l’île de Walcheren.
[^9]: Expédition, Archives nationales, fonds Suchet d’Albufera, 398 MI 1.</body> |
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