| identifiant | CG4-8703.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1804/03/01 00:00 |
| titre | Napoléon au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8703. - </b>Au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 10 ventôse an XII [1<sup>er</sup> mars 1804]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Vous savez sans doute que Pichegru a été arrêté hier</font>[^1]<font color="#000000">. Il n'a pu se servir ni de ses pistolets ni de son poignard. Il s'est battu une demi-heure avec trois ou quatre gendarmes d'élite à coups de poing. Le plaisir qu'a éprouvé le peuple de Paris de cette arrestation fait son éloge. J'ai fait fermer les barrières de Paris et investir les murailles de sentinelles</font>[^2]<font color="#000000">. J'ai fait rendre une loi</font>[^3]<font color="#000000"> qui condamne à mort tout individu qui recèlerait Georges</font>[^4]<font color="#000000"> et ses compagnons. Il est dit dans la loi qu'ils sont soixante, parce que des dépositions le portent</font>[^5]<font color="#000000"> ; pour moi, je ne pense pas qu'ils soient plus de trente à quarante. J'ai d'ailleurs lieu d'être satisfait de la contenance de Paris et de toute la France.</font></p><p lang="fr-FR">Je ne puis concevoir comment les quatre chaloupes d'Étaples ne sont pas encore armées, et comment vous en avez encore à Boulogne une en armement et deux en construction. Faites-moi connaître quand elles seront finies.</p><p lang="fr-FR">Je vous prie de me faire connaître si les matelots sont complets sur la flottille de transport, car il serait très malheureux d'avoir là des bâtiments et pas de matelots.</p><p lang="fr-FR">Je désire également que, dans le premier état que vous m'enverrez de la flottille, vous fassiez porter les bateaux destinés à porter des pièces de campagne, et les chaloupes canonnières qui ne seraient pas encore installées en belle. Faites-moi aussi connaître comment sont installées les 50 péniches qui sont à Boulogne.</p><p lang="fr-FR">Les corps ont quelques malades ; d'un autre côté, les malades qu'ils avaient à leur arrivée au camp doivent avoir rejoint leurs dépôts. Les conscrits doivent aussi commencer à arriver. Je désire donc que vous fassiez appeler les chefs de corps, que vous leur demandiez le nombre d'hommes qu'ils pourraient tirer des dépôts, afin de compléter leurs bataillons à 800 hommes.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Causez avec le général Lacrosse</font>[^6]<font color="#000000"> pour savoir si les chaloupes et bateaux canonniers sont, à l'heure qu'il est, installés conformément à l'ordre qui a été donné. Allez vous-même visiter les magasins de biscuit, et voyez celui qui y est depuis le plus de temps, afin de vous assurer s'il est gâté. Allez aux caves, et goûtez quelques pièces de vin prises au hasard ; faites-en autant pour l'eau-de-vie. Il ne faut pas attendre au dernier moment où l'on s'apercevrait qu'une partie des vivres serait gâtée, ce qui serait sans remède.</font></p><p lang="fr-FR">J'imagine que les ambulances de l'armée sont organisées, et qu'il y a existant, de médecins, chirurgiens et administrateurs, le nombre suffisant.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Faites passer au général Davout</font>[^7]<font color="#000000"> la nouvelle relative à Pichegru.</font>[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Livré à la police le 26 février, il est finalement arrêté le 29 février. [^2]: Voir ci-dessus n° 8700. [^3]: Le 29 février, loi relative aux recéleurs de Georges et autres brigands, cette loi est placardée dans tous Paris. [^4]: Cadoudal. [^5]: Depuis le 27 janvier, Querrelle a mis Bonaparte sur la piste de Cadoudal. [^6]: Préfet maritime du Havre. [^7]: Commandant du camp de Bruges. [^8]: Minute, Archives nationales, AF IV 864, ventôse an XII, n° 19.</body> |