CG4-8679.md

identifiantCG4-8679.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/02/19 00:00
titreNapoléon au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8679. - </b>Au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 29 pluviôse an XII [19 février 1804]</h2><p lang="fr-FR">Citoyen général Soult, je reçois vos lettres des 24, 25 et 27. Je vois avec plaisir que vos deux généraux de division sont rentrés. Ne laissez séjourner à Boulogne aucun étranger, de quelque nation qu'il soit. Chassez arbitrairement tout ce qui vous est suspect, en leur faisant dire que, si on les retrouve à tant de distance des côtes, ils seront traités comme prévenus d'espionnage.</p><p lang="fr-FR">Savary vient de saisir à Abbeville et au Tréport une correspondance d'espionnage tenue par des misérables, et quelques lettres de change anglaises.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Nous avons assigné à Faultrier</font>[^1]<font color="#000000"> cinquante bâtiments pour l'artillerie ; mais il y en a trente et un du port de plus de 30 tonneaux et qui ne peuvent servir d'écuries.</font></p><p lang="fr-FR">J'ai vu avec plaisir l'action de la péniche commandée par l'enseigne de la Garde. J'ai vu avec grand plaisir que le convoi d'Ostende était arrivé, et que la croisière ennemie avait pris le large. J'aurais voulu plus de détails pour connaître si ce sont les batteries de côte ou les bâtiments qui ont repoussé l'ennemi.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Concertez-vous avec Combis</font>[^2]<font color="#000000"> pour réunir dans un même local les bâtiments écuries. Nous sommes au 1</font><font color="#000000"><sup>er</sup></font><font color="#000000"> ventôse, et je n'oublie pas que vous m'avez promis qu'au 1</font><font color="#000000"><sup>er</sup></font><font color="#000000"> ventôse le bassin serait entièrement fini.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je dois actuellement vous dire qu'il ne faut pas attacher aux affaires de Paris plus d'importance qu'elles n'en méritent. Moreau, égaré par je ne sais quelle passion, s'était décidé à faire venir à Paris Pichegru ; Lajolais avait été l'intermédiaire. Pichegru est arrivé</font>[^3]<font color="#000000"> ; Georges et quarante brigands s'étaient introduits avec lui. Moreau a vu quatre fois Pichegru et Georges</font>[^4]<font color="#000000">. Moreau a été arrêté</font>[^5]<font color="#000000"> ; quinze ou seize brigands ont été également arrêtés ; les autres sont en fuite. On a saisi une quinzaine de chevaux et des uniformes dont on devait se servir pour m'attaquer sur la route de Paris à la Malmaison ou de la Malmaison à Saint-Cloud, avec mon piquet, qui est de 20 hommes ordinairement, comme vous savez.</font></p><p lang="fr-FR">J'ai fait lire les interrogatoires au Sénat et au Conseil d'État, qui en ont été indignés. Moreau sera traduit devant les tribunaux. Moreau, interrogé, a montré la plus grande consternation. C'est un ingrat et un traître de plus que le Peuple français a à punir. Du reste, l'union règne entre toutes les autorités, toutes les troupes, tous les citoyens. Tout le monde a été peiné de tant d'extravagance et de tant de folie.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je vous envoie l'état des obusiers de 6 et de 8 pouces, et des pièces de 4 pour péniches, qui doivent être arrivés à Boulogne. Faites-moi connaître si tout est arrivé.</font>[^6]</p> [^1]: Faultrier de l’Orme, directeur général des parcs. [^2]: Directeur général de la flottille de transport. [^3]: Voir ci-dessus n° 8665. [^4]: Voir ci-dessus. [^5]: 15 février, voir ci-dessus n° 8668. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 864, pluviôse an XII, n° 57.</body>