| identifiant | CG4-8665.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1804/02/13 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8665. - </b>Au général Soult, commandant du camp de Saint-Omer</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 23 pluviôse an XII
[13 février 1804], 8 heures du soir</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Nous sommes
depuis huit jours à la poursuite de 40 brigands, composés de
Georges</font>[^1]<font color="#000000">
et de sa bande, qui ont débarqué, en trois fois différentes, entre
Tréport et Dieppe</font>[^2]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Une troisième
bande doit débarquer, composée de 20 ; comme nous avons arrêté
tous les hommes qui doivent leur faire des signaux, Savary les attend
à Biville</font>[^3]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR">Il est cependant nécessaire que vous
doubliez les postes sur la côte, afin que, s'il arrivait, ce que je
ne pense pas, qu'ils ne pussent pas débarquer, à cause des vents,
aux points où on les attend, qu'ils ne débarquassent pas sur les
côtes de votre armée.</p><p lang="fr-FR">Faites arrêter sur-le-champ les
matelots et équipages du pêcheur qui a communiqué avec les Anglais
; je me reproche d'avoir négligé, dans le temps, de le faire
arrêter.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Faites-le
parler, et je vous autorise même à lui promettre sa grâce, s'il
fait des révélations ; et, si vous voyez des [hésitations], vous
pouvez même, suivant que c'est l'usage pour les hommes prévenus
d'espionnage, lui faire serrer les pouces dans un chien de fusil.</font>[^4]</p><p lang="fr-FR">Faites arrêter l'agent que le nommé
Dossurmille avait, de son propre mouvement, envoyé à Boulogne.</p><p lang="fr-FR">Ayez une conférence secrète avec le
maire et autres ; tous ceux qui, dans le fond de leur conscience, ils
croient avoir des conférences avec l'Angleterre, faites-les arrêter
sur-le-champ.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Plus de treize
de ces premiers brigands sont arrêtés ; une bande est dans les
forêts de Gournay, d'Eu, de Forges et de Lyons</font>[^5]<font color="#000000">.
Enfin ce misérable Pichegru</font>[^6]<font color="#000000">
est venu avec Georges et ses brigands dans Paris ; nous savons où
ils ont couché dimanche. Des dépositions d'hommes arrêtés
compromettent même des généraux aujourd'hui plus marquants</font>[^7]<font color="#000000">.
Si cela se confirme, j'en ferai bonne justice.</font></p><p lang="fr-FR">J'ai cru devoir vous faire connaître
sur-le-champ les premiers soupçons, afin que cela puisse vous mettre
sur les traces de quelque intrigue que ce soit, s'il y en a dans
votre armée.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">N'ayant pas le
temps d'écrire à Davout</font>[^8]<font color="#000000">,
faites-lui passer ces mêmes renseignements.</font></p><p lang="fr-FR">À l'obscurité qui règne dans une
des parties de ma dépêche, vous devez sentir que je ne tiens pas
encore à cette dernière partie pour prononcer.</p><p lang="fr-FR">
<font color="#000000">La police me fait espérer que, dans la fin de
cette journée, elle aura Lajolais</font>[^9]<font color="#000000">,
Pichegru et Georges.</font>[^10]</p>
[^1]: Cadoudal.
[^2]: Les débarquements ont eu lieu à Biville les 21 août 1803 (arrivé de Georges), 10 décembre 1803 et le 16 janvier 1804 (arrivé de Pichegru).
[^3]: Savary sur les révélations de Querelle et Troche est parti à Biville pour arrêter les nouvelles personnes censées débarquer et surtout un « prince français » attendu par la conspirateur.
[^4]: <span></span> Ce passage a été omis par la <font color="#000000"><i>Correspondance</i></font><font color="#000000">
(n° 7541) et publié par Léon Lecestre (t. I, n° 66). C’est une
méthode classique, Louis Picot, domestique de Cadoudal, subira
cette torture avec une « certaine efficacité ».</font>
[^5]: Voir ci-dessus n° 8661.
[^6]: Pichegru est entré dans Paris le 23 janvier.
[^7]: Outre Moreau, les généraux Damas, Liébert et Souham sont impliqués de près ou de loin dans la conspiration. Voir ci-dessous n° 8674 et 8675.
[^8]: Commandant du camp de Bruges.
[^9]: Cet ancien général de la Révolution n’avait pas été compris dans les différentes réorganisations de l’armée sous le Consulat, bien qu’il ait demandé sa réintégration à plusieurs reprises. On lui reprochait d’avoir eu des relations avec les milieux royalistes sous le Directoire. Passé en conseil de guerre pour ce motif en 1797, il avait été acquitté. À bout de patience, il était passé à Londres où il avait rencontré Cadoudal et retrouvé Pichegru qu’il connaissait. Il devint un des organisateurs de la grande conspiration.
[^10]: Minute, Archives nationales, AF IV 864, pluviôse an XII, n° 43.</body> |
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