CG4-8542.md

identifiantCG4-8542.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1804/01/01 00:00
titreNapoléon au contre-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8542. - </b>Au contre-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Boulogne, 10 nivôse an XII [1<sup>er</sup> janvier 1804]</h2><p lang="fr-FR">Je me suis aperçu aujourd'hui à l'arsenal, citoyen ministre, que les forgerons ne travaillaient pas, parce qu'ils manquaient de forges. J'ai donné l'ordre à l'artillerie d'en fournir quatre, qui seront rendues demain à l'arsenal, avant huit heures du matin. J'ai vu avec peine que, dans le temps où l'on avait employé une grande quantité de toiles pour 800 chevaux, on n'avait pas fait une simple tente pour mettre à couvert les ouvriers et établir un atelier de mâtures.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Je n'ai pu être que satisfait des travaux du port ; je crains qu'il n'y ait pas encore assez d'ordre dans la partie des travaux qui regarde le génie maritime. Je désire que l'état exact de tous les ouvriers soit fait, et qu'ils soient répartis entre les différents bâtiments, de manière qu'ils couchent et mangent à bord, sous la surveillance des officiers commandant les divisions ; ainsi, par exemple, une chaloupe canonnière</font>[^1]<font color="#000000"> a besoin, pour être installée, d'avoir un caisson tout autour. Il faut placer un nombre d'ouvriers tel que ce travail soit fait dans vingt jours ; les ouvriers seront conséquemment à bord jusqu'à ce que les travaux soient finis. Quant à la demande du transport des matières, il se fera par des matelots et hommes d'équipage, ce qui épargnera le nombre d'ouvriers. La même chose pour les bateaux canonniers ; un grand nombre ont besoin d'être relevés sur le derrière. Les bâtiments qui sont en réparation peuvent être traités de même. Les officiers surveilleront et les matelots aideront.</font></p><p lang="fr-FR">Les ouvriers qui demeureront ainsi à bord auront la ration de bord, indépendamment de la paye, et vous prescrirez aux officiers de marine de veiller à ce qu'ils travaillent, soit au jour, soit à la lumière, quatorze heures entières.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Dans l'artillerie de la marine, j'ai vu avec peine qu'il n'y avait encore aucun artifice</font>[^2]<font color="#000000"> de monté; cela est très important. Ordonnez qu'on établisse une salle d'artifice dans le bâtiment qui est sur le bord de l'eau, et qu'on y fasse de la roche à feu</font>[^3]<font color="#000000"> et des fusées pour boulets creux de 24.</font></p><p lang="fr-FR">On suivra, pour les ouvriers d'artillerie, la même méthode que pour les ouvriers de la marine. Ils logeront à bord des transports où ils travailleront. Ils travailleront quatorze heures par jour, et ils auront, moyennant cela, la ration de mer ; bien entendu qu'ils n'auront pas alors la ration de terre.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Demain, à huit heures, je ferai l'inspection de toute la flottille ; je la verrai par division. Un commissaire de marine fera l'appel de tous les officiers et soldats qui composent l'équipage. Tout le monde se tiendra à son poste de bataille, et avec le plus grand ordre. Au moment où je mettrai le pied dans chaque bâtiment, on saluera de trois fois : </font><font color="#000000"><i>Vive la République !</i></font><font color="#000000"> Et trois fois </font><font color="#000000"><i>Vive le Premier Consul !</i></font><font color="#000000"> Je serai accompagné, dans cette visite, de l'ingénieur en chef</font>[^4]<font color="#000000">, du commissaire de l’armement, du colonel commandant l’artillerie.</font></p><p lang="fr-FR">Pendant tout le temps de l'inspection, les équipages et garnisons de toute la flottille resteront à leur poste, et on placera des sentinelles pour empêcher que personne ne passe sur le quai qui regarde la flottille.</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Toutes les péniches qui ne sont pas armées, les caïques</font>[^5]<font color="#000000"> qui ne sont affectées à aucune division, prendront une place que leur assignera l'amiral ; celles attachées à la division seront à côté des bâtiments commandant la division. Chaque bâtiment aura à ses côtés sa chaloupe.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Le vaisseau amiral, au moment où je mettrai le pied sur la première chaloupe, tirera soixante coups de canon ; au défaut du vaisseau amiral, la batterie du musoir</font>[^6]<font color="#000000">.</font></p><p lang="fr-FR"><font color="#000000">Officiers, matelots et garnisons seront en grand uniforme.</font>[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: <span></span> Embarcation d’environ 15 mètres, peu élevée au-dessus de l’eau, qui va à la voile et à l’aviron ; elle est armée de 3 ou 4 bouches à feu de 24 et de 2 ou 3 caronades ou petites pièces ; elle peut embarquer 56 hommes. [^2]: Ensemble des préparations dont les artilleurs ont besoin pour remplir les bombes, obus et grenades. [^3]: <span></span> Composition incendiaire (salpêtre, soufre, pulvérin et éventuellement antimoine) placée dans des projectiles creux, à combustion lente. [^4]: Sganzin. [^5]: Embarcation non armée et légère, à voiles ou rames, longue et pointue, courante en Méditerranée et en Orient. [^6]: Batterie située à la pointe extrême d’une jetée ou d’un môle. [^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 864, nivôse an XII, n° 35.</body>