| identifiant | CG4-8044.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1803/09/17 00:00 |
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| titre | Napoléon à l’amiral Bruix, commandant de la flottille du camp de Boulogne |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 8044. - </b>À l’amiral Bruix, commandant de la flottille du camp de Boulogne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 30 fructidor an XI [17
septembre 1803]</h2><p lang="fr-FR">Citoyen amiral Bruix, je reçois vos
lettres des 27 et 29 fructidor. Selon votre calcul, vous me faites
espérer que tous les pieux seront placés au fort Rouge[^1]
au 15 vendémiaire, et, dès lors, le 20 vendémiaire le fort pourra
être armé. Cet espoir serait très satisfaisant. Cependant, comme
ce fort est de la plus grande importance, au lieu de huit sonnettes,
je désirerais que vous en fissiez mettre dix. Je ne conçois pas
bien pourquoi on ne pourrait pas mettre des sonnettes sur des
bateaux, de manière à pouvoir travailler sans avoir égard aux
marées. Dans les campagnes de terre, lorsqu’on construit un pont,
on bat des pieux avec douze et quinze pieds d’eau. Vous me
demanderez pourquoi il m’importe de tant activer ces travaux, si je
suis certain de les avoir au 15 vendémiaire ; je vous dirai mon
secret : c’est que, si ce fort pouvait être construit promptement,
j’en ferais faire un second ; car je vous avoue que je pense
que c’est à Boulogne que commencera la descente, et que c’est là
que commenceront des attaques dont le succès ne sera point
indifférent au résultat des opérations générales.</p><p lang="fr-FR">Le général Soult[^2]
va prendre toutes les mesures pour que, le long de l’estran, de
Boulogne à Calais, et sur les caps, il y ait des batteries de toute
espèce, surtout en pièces de 24 et en obusiers de 8 pouces ;
et, une fois ces pièces placées, je désire qu’à six heures du
soir, au premier moment favorable, ces bâtiments sortent pour se
rendre à Boulogne ; et, si les vents viennent à leur manquer,
ils seront protégés sur toute la côte.</p><p lang="fr-FR">Vous devez commencer à avoir des
péniches à Calais ; augmentez-en la division ; ces
péniches, avec une division de cette nature, sont bonnes à tout.</p><p lang="fr-FR">J’imagine que les chaloupes
canonnières et les caïques sortent tous les jours de Boulogne avec
les garnisons. Ordonnez la même chose à Calais, tant que la
division y restera.</p><p lang="fr-FR">Mon intention est qu’on fasse à
Boulogne un simulacre de descente, et qu’on juge si les pièces se
débarquent avec la rapidité sur laquelle je compte.</p><p lang="fr-FR">Vous avez tort de vous arrêter à de
misérables bruits sur le fort du citoyen Forfait[^3].
Il faut faire pour le mieux. Vous ne me dites pas encore, dans votre
correspondance, qu’il est commencé. Quand m’apprendrez-vous
qu’il y en a un vingt-quatrième de fait ?</p><p lang="fr-FR">Je ne conçois pas ce qui peut mettre
tant de lenteur dans le départ des cent bateaux de l’ancienne
flottille qui sont à Dunkerque. On me dit que le citoyen Forfait[^4]
a ordonné des travaux qui retardent leur départ ; mais, comme
nous avons beaucoup de bateaux plats et que nous n’avons pas besoin
que tous portent des pièces de campagne, je crois qu’on peut tout
faire partir de Dunkerque. J’estime qu’un de vos coups d’œil
de vingt-quatre heures dans ce port serait utile.</p><p lang="fr-FR">Allez à Calais ; visitez la
première division de la flottille ; faites-la sortir et
manœuvrer devant vous, et faites qu’elle n’ait rien à craindre.
Envoyez-moi au plus tôt, de là, toutes vos observations, et
rendez-vous à Dunkerque. Accélérez tous les travaux et faites
partir toute l’ancienne flottille. Il est honteux qu’elle se
trouve encore là aujourd’hui. Vous m’écrirez également de
Dunkerque pour m’instruire de tout ce que vous aurez fait ;
après quoi vous retournerez à Boulogne.</p><p lang="fr-FR"><i>Le Duguay-Trouin</i><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">
et </span></font></font><i>La Guerrière</i> sont arrivés au
Ferrol après de très belles manœuvres et en combattant une escadre
de six vaisseaux de guerre.</p><p lang="fr-FR">Le ministre de la Marine[^5]
a dû vous envoyer l’état de la flottille, tel que je l’ai
définitivement arrêté.[^6]</p>
[^1]: Fort en charpente en avant du port de Boulogne, commencé le 21 juillet 1803.
[^2]: Commandant le camp de Saint-Omer.
[^3]: Forfait dirige la construction d’un fort flottant, projet finalement abandonné.
[^4]: Inspecteur général de la flottille de Boulogne.
[^5]: Decrès.
[^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, fructidor an XI, n° 86.</body> |
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