CG4-7981.md

identifiantCG4-7981.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/08/31 00:00
titreNapoléon à l’amiral Bruix, commandant de la flottille du camp de Boulogne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7981. - </b>À l’amiral Bruix, commandant de la flottille du camp de Boulogne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 13 fructidor an XI [31 août 1803]</h2><p lang="fr-FR">Citoyen amiral Bruix, je reçois votre lettre du 12. J’y vois que le chef de l’administration a pris une maison destinée pour Cayenne, capable de loger 300 marins, que l’administration a loué une maison particulière destinée à servir de magasin général. Que le directeur d’artillerie de la marine a choisi une maison particulière pour le service de la marine, et qu’elle est insuffisante, mais vous ne me dites pas si ces trois maisons sont situées sur le port ou sur la Liane.</p><p lang="fr-FR">Je n’ai rien à dire sur la maison que vous avez choisie pour hôpital.</p><p lang="fr-FR">Le rapport du citoyen Sganzin[^1], n<sup>o</sup> 2, fait mention d’un emplacement propre à un parc d’artillerie ; la marine, à Boulogne, passe avant tout : si l’emplacement choisi pour l’artillerie de la marine n’est pas suffisant, pourquoi ne pas choisir celui-là ?</p><p lang="fr-FR">Dans le même rapport, vous parlez d’établir une boulangerie pour la marine ; ne perdez pas une heure pour faire servir à cet usage la maison que vous y destinez.</p><p lang="fr-FR">Dans le cas où vous choisiriez la maison dite de Capécure, dont il est question n<sup>o</sup> 2, faites choisir, plus loin, une autre maison pour le parc d’artillerie de l’armée de terre, mais sur la Liane. Il est nécessaire que le parc d’artillerie de la marine soit plus près du port que le parc d’artillerie de terre.</p><p lang="fr-FR">Il faut avant tout que le citoyen Sganzin nous remette, au 15 vendémiaire, comme il l’a promis, le port et le bassin achevés. Nous verrons alors s’il est besoin de l’agrandir. Je suis effrayé de ce qu’il demande encore trois mois.</p><p lang="fr-FR">Du procès-verbal fait à Dunkerque, il résulte qu’il y a douze bateaux canonniers qui n’ont point de pièces de campagne ; ils peuvent s’en passer pour venir à Boulogne, et on peut, mettre en place à Dunkerque une petite pièce de marine.</p><p lang="fr-FR">Faites faire l’état de toutes les fermes et maisons de campagne qui sont sur la Liane, jusqu’où elle est navigable, et même à droite et à gauche jusqu’à la distance de de 100 toises.</p><p lang="fr-FR">J’ai vu avec grand plaisir qu’enfin on continue les travaux du fort Rouge[^2].</p><p lang="fr-FR">Il me semble que, dans ma dernière lettre, je vous avais dit qu’après avoir mis un crapaud[^3] au bord de la mer, il fallait mettre dessus un mortier ; les circonstances des affouillements n’est rien, vu qu’à toutes les marées on le changerait de place ; mais le projet que vous avez de faire des plates-formes est bien meilleur encore. Les batteries me paraissent trop nombreuses de trois pièces ; il faut qu’elles ne soient que de deux. Mon intention n’est point de retirer les pièces tous les jours, mais de laisser sur ces batteries les pièces de canon pendant toutes les hautes mers. Je ne pense pas non plus qu’il faille s’éloigner de 50 toises, c’est toujours une distance de perdue. Il faudrait donc, à mon sens, faire établir le tiers de vos plates-formes tout-à-fait sur la laisse de basse mer, le tiers à 50 toises et le dernier tiers à 80 toises. Mon projet n’est pas non plus de se servir de pièces légères pour cet usage ; car, quoi qu’on en dise, une grosse pièce va plus loin. Mon intention est d’avoir quelques pièces de 24 légères, attelées, avec plusieurs divisions d’obusiers de 8 pouces, portant une bombe de 43 livres à 1 300 toises, également attelés ; et, au moment où les Anglais approcheraient, tout cela s’attellerait et s’avancerait sur la laisse de basse mer et renforcerait les batteries permanentes.</p><p lang="fr-FR">Je vous prie de faire exécuter les dispositions suivantes et de m’en envoyer le résultat : faire prendre une pièce de 36 ou de 33, la faire mettre sur un affût marin, et la laisser sur la laisse de basse mer à toutes les marées ; on dressera procès-verbal de ce qui se sera passé, et de la situation dans laquelle elle se trouvera. On tirera deux coups de canon de cette pièce ainsi placée sur le sable, à toute volée et à toute charge. On tiendra note de l’effet qu’elle fera. On mettra le mortier sur ce crapaud et on le laissera ainsi plusieurs marées ; on tirera deux bombes, chambre pleine, et on tiendra note de ce qui sera arrivé.</p><p lang="fr-FR">Artillerie à pied, artillerie à cheval, matériel, tout va se diriger sur Boulogne.</p><p lang="fr-FR">Je vous ai expédié hier un courrier, avec l’ordre et des instructions pour la mise en construction du fort du citoyen Forfait[^4].</p><p lang="fr-FR">Je vous envoie une note.</p><p lang="fr-FR">Le gouverneur du palais[^5] doit avoir envoyé des officiers du palais pour préparer mon logement. Je vous prie de me dire quels locaux je pourrais choisir ; je ne veux point être en ville. J’ai remarqué deux maisons de campagne près la tour des signaux, à ce que je crois, sur le chemin de Calais. Ces deux maisons paraîtraient me convenir ; si elles ne me convenaient pas, alors j’aimerais à être sur la Liane, au delà du pont, dans une maison de campagne.[^6]</p> [^1]:  Inspecteur général des Ponts et Chaussées et président du conseil des travaux maritimes. [^2]: Fort en charpente en avant du port de Boulogne, commencé le 21 juillet 1803. [^3]: Affût de mortier plat et sans roues. [^4]: Forfait dirige la construction d’un fort flottant, projet finalement abandonné. [^5]: Duroc. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, fructidor an XI, n° 31.</body>