CG4-7967.md

identifiantCG4-7967.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/08/27 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, consul de la République
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7967. - </b>À Cambacérès, consul de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 9 fructidor an XI [27 août 1803]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">Quelques parties du ministère de la Marine, citoyen Consul, sont évidemment négligées, et je commence à soupçonner que le général Decrès </span></font></font><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR"><i>n’a pas</i></span></font></font><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR"> l’esprit d’ordre et de suite, première qualité d’un administrateur</span></font></font>[^1]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">. Cependant il a aussi d’autres qualités, et, quelque lieu que j’ai dans ce moment de me plaindre de l’imprévoyance sur les objets les plus importants, </span></font></font><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR"><i>j’étais </i></span></font></font><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">décidé à attendre encore trois mois pour fixer mes idées, car enfin on gagne peu de chose à changer. Mais je reçois la lettre ci-jointe du général Decrès ; elle me paraît d’autant plus inconvenante, qu’elle paraît écrite avec la méditation convenable. Il se plaint de la lettre de l’amiral Bruix</span></font></font>[^2]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">, qui, comme vous le verrez, lui donne des conseils, puisqu’il les lui demande. Il se plaint du citoyen Forfait</span></font></font>[^3]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR"> ; il est certes difficile de voir un homme plus accoutumé à la déférence et au respect dus aux ministres. Ses plaintes du général Rochambeau</span></font></font>[^4] sont ridicules ; s’il n’est pas destitué, c’est qu’il ne l’a pas proposé ; et d’ailleurs, l’éloignement de Saint-Domingue doit seul expliquer et déterminer le parti qu’on prendrait.</p><p lang="fr-FR">Faites sentir cela au citoyen Decrès ; s’il vous redemande sa lettre, je ferai comme si je ne l’eusse pas reçue. Si sa lettre veut positivement dire que les travaux du ministère sont au-dessus de ses facultés, deux années d’expérience doivent lui avoir appris à quoi s’en tenir ; et dès lors vous devez lui dire qu’il donne simplement sa démission, et que je l’accepterai ; mais que cette démarche, comme toutes les démarches importantes, demande qu’il y pense de sang-froid, et à mon sens, elle ne peut être justifiée que par la conscience bien réelle qu’il n’est point propre à ses fonctions.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Rappelons que le budget de la Marine, sous le Consulat et l’Empire est le second de l’État : entre 1799 et 1814, soit 15 à 20 % des dépenses de l’État selon les années. [^2]: Commandant de la flottille de Boulogne. [^3]: Prédécesseur de Decrès et désormais inspecteur général de la flottille de Boulogne. [^4]: Rochambeau commande l’armée de Saint-Domingue. [^5]: Expédition, collection privée.</body>