CG4-7914.md

identifiantCG4-7914.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/08/08 00:00
titreNapoléon au contre-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7914. - </b>Au contre-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Sedan, 20 thermidor an XI [8 août 1803]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">Les affaires d’Irlande, citoyen ministre, font sentir l’importance d’avoir des conférences particulières avec les chefs des Irlandais-Unis, qui sont à Paris</span></font></font>[^1]. Vous pouvez leur dire qu’on leur offrira 25 000 hommes, 40 000 fusils et toute l’artillerie et les munitions nécessaires ; que le Gouvernement s’engage à ne pas faire la paix avec l’Angleterre que l’indépendance de l’Irlande ne soit constatée ; pourvu, toutefois, que 20 000 Irlandais-Unis, au moins, se joignent à l’armée française dans les premiers jours de son débarquement en Irlande[^2].</p><p lang="fr-FR">Dépêchez-vous de me donner des nouvelles du <i>Duquesne,</i> du <i>Duguay-Trouin,</i> de <i>la Créole,</i> de <i>La Guerrière,</i> de <i>La Poursuivante.</i> Nous allons recevoir là un bon renfort.[^3]</p> [^1]: <span></span><font size="2" style="font-size: 10pt"> Mouvement indépendantiste irlandais fondé par Wolfe Tone en 1791, qui par son hostilité à la Grande-Bretagne se trouve être l’allié de la France. Il a échoué dans sa tentative de soulèvement en 1798 mais certains de ses membres poursuivent leurs activités. Le représentant des Irlandais Unis le plus actif à Paris est O’Connor</font><font size="2" style="font-size: 10pt">.</font> [^2]: La situation irlandaise n’a jamais l’esprit des dirigeants français. Avec l’Acte d’Union de 1801 entre la Grande-Bretagne et l’Irlande, le gouvernement consulaire considère qu’il a toujours une belle carte à jouer pour ranimer, dans le dos de son adversaire le plus résolu, un foyer de révolte. L’Irlande doit être la « Vendée anglaise ». Une telle vision était très optimiste : le mécontentement des Irlandais catholiques est réel, mais on est loin d’une situation pré-insurrectionnelle d’autant que la répression de 1798 a disloqué le parti le plus actif. Mais de très nombreux exilés irlandais ont pignon sur rue à Paris et table ouverte jusque chez les dignitaires du régime, ce qui leur permettait d’entretenir l’illusion. Au moment où Bonaparte écrit ces lignes, il ignore sans doute que le soulèvement fomenté par Robert Emmet vient d’être écrasé par les Britanniques. Le jeune Emmet a agi sans prudence et a déclenché son insurrection trop vite et trop tôt. Son projet consistait à envoyer un groupe d’hommes décidés s’emparer du château de Dublin, siège du pouvoir anglais, et de quelques points stratégiques de la capitale. Une fois ce coup de main réussi, les conjurés espéraient un soulèvement général. L’opération a été (prématurément) déclenchée le 23 juillet 1803 : l’explosion accidentelle d’un dépôt de munition clandestin avait attiré l’attention des autorités et il n’était plus possible d’attendre. Emmet n’avait réussi à rassembler que quelques centaines d’hommes qui ont du battre en retraite et se réfugier dans les campagnes environnantes. L’affaire a tout de même une cinquantaine de morts. Emmet sera arrêté le 25 août, traduit en jugement et exécuté le 20 septembre 1803. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, thermidor an XI, n° 72.</body>