| identifiant | CG4-7911.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1803/08/08 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Berthier, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7911. - </b>Au général Berthier, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Sedan, 20 thermidor an XI [8 août
1803]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">Je
ne conçois pas, citoyen ministre, pourquoi vous avez donné une
autorisation au nègre Mentor</span></font></font>[^1]
de parcourir les côtes de Normandie.</p><p lang="fr-FR">Je vous ai fait plusieurs fois
demander les raisons qui avaient empêché le général Campredon[^2]
d’arriver à sa destination.</p><p lang="fr-FR">J’avais oublié de vous parler des
invalides de Louvain. J’ai été très mécontent de leur
habillement ; ils sont couverts de lambeaux. Un grand nombre
d’individus ayant un bras et une jambe de moins attendent, depuis
plus d’un an, le grade de lieutenant auquel ils ont droit ; le
ministère de la guerre n’a pas répondu. Veuillez vous faire
rendre compte de ces affaires et les expédier de suite. Du reste, la
nourriture m’a paru assez bonne et le local bien distribué par le
génie. Je joins la note qui m’a été remise par le général
commandant pour s’excuser de ce que les invalides avaient de si
mauvais habits.</p><p lang="fr-FR">Ne serait-il point convenable
d’envoyer à Alexandrie un sous-directeur d’artillerie ?</p><p lang="fr-FR">J’ai vu en grand détail les
manufactures d’armes de Liége et Charleville. Celle de Charleville
fournirait, cette année, 50 000 armes, si elle avait des
canons ; elle a assez de platines et de montures. Celle de
Liége, qui ne fournit, cette année, que 14 000 armes, en
aurait fourni davantage, si elle avait eu assez de platines et de
montures. Le directeur de la manufacture de Charleville a demandé
qu’on lui vendît sept à huit cents arpents de bois nationaux, qui
le mettraient à même d’établir de nouvelles usines. Écrivez au
ministre des Finances[^3]
pour que ces bois lui soient vendus sur-le-champ. Faites connaître à
ce directeur qu’il s’est engagé à fournir 50 000 fusils
cette année, et que j’entends qu’il les fournisse, et que, comme
la sécheresse et les grandes chaleurs ont empêché de fournir les
canons nécessaires, il achète 10 000 canons à Liége, afin
qu’il puisse remplir son engagement. Quant à la manufacture de
Liége, j’ai longtemps discuté les différents intérêts ;
cette manufacture, qui ne fournit que 12 à 14 000 armes,
devrait en fournir 40 000.</p><p lang="fr-FR">La 12<sup>e</sup> demi-brigade de
ligne a reçu un bataillon de la 11<sup>e</sup> de ligne ; cette
demi-brigade a eu ses papiers pris à Liége, de manière que
l’ancienneté de service des hommes ne peut être constatée. Il
faudrait une ordonnance ministérielle sur les matricules des hommes
incorporés. J’ai vu un grand nombre de vieux et bons soldats qui
étaient singulièrement peinés de ce que, par un défaut de formes,
tant d’années et de blessures ne leur étaient pas comptées.
Cette demi-brigade a reçu dernièrement un bataillon de la 86<sup>e</sup>.
Ce bataillon est arriéré de plusieurs mois de solde. Comme le reste
se trouve en ce moment payé de son arriéré, activez le plus qu’il
vous sera possible le complément de ce bataillon de la 86<sup>e</sup>,
afin qu’il soit payé. Cette demi-brigade doit faire partie du camp
de Saint-Omer. Vous sentez combien il est nécessaire que je ne sois
pas rebattu, toutes les fois que je la verrai, de ses justes
réclamations.</p><p lang="fr-FR">J’ai lu votre rapport du 6
thermidor. Mon intention n’est pas de rien ôter à la 17<sup>e</sup>
de ligne ; ce serait appauvrir cette demi-brigade sans ajouter à
la 109<sup>e</sup>. Il sera nécessaire de ne rien donner à cette
demi-brigade sur les conscriptions des années XI et XII ; et
certainement, dans l’espace de deux ans, l’excédant qu’elle a
sera fondu, soit par quelques désertions, soit par morts ; et,
pour être en règle, il n’y a qu’à porter cette demi-brigade au
nombre de celles dont le complet doit être de 200 hommes par
bataillon, au lieu de 100.</p><p lang="fr-FR">Le ministre du Trésor public[^4]
me fait connaître que vous serez en mesure pour fructidor, parce
qu’une partie du matériel sera imputée sur la solde. Préparez-moi
un rapport sur cet objet. Tous les préparatifs extraordinaires que
vous commencez à solder pour les camps de l’Océan peuvent être
soldés pour l’an XII, puisque ce n’est qu’à dater du 1<sup>er</sup>
vendémiaire de cette année qu’ils doivent servir. Ceci n’est
qu’une idée pour vous ménager des fonds sans déranger votre
budget, si vous en avez besoin.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: Adjudant et député de Saint-Domingue, il s’est opposé au coup d’État du 18 brumaire (voir ci-dessus, n° 7901).
[^2]: Général de brigade du génie.
[^3]: Gaudin.
[^4]: Barbé-Marbois.
[^5]: Expédition, S. H. D., département de l’Armée de Terre, fonds Berthier, 1 K 3.</body> |
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