CG4-7904.md

identifiantCG4-7904.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/08/04 00:00
titreNapoléon au général Berthier, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7904. - </b>Au général Berthier, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Namur, 16 thermidor an XI [4 août 1803]</h2><p lang="fr-FR">La 75<sup>e</sup> demi-brigade, citoyen ministre, ne doit pas être détachée. Elle ne peut pas surtout envoyer des hommes à La Fère, puisqu’elle se recrute dans le département de l’Oise, ce qui mettrait les conscrits beaucoup trop près de chez eux.</p><p lang="fr-FR">Un grand nombre d’anciens militaires se sont présentés pour rentrer dans leurs corps ; mais une lettre du ministre de la Guerre s’oppose à leur bonne volonté. Il serait bien essentiel de revoir cette décision et d’écrire une circulaire par laquelle tous les anciens militaires ayant leur congé en règle, qui veulent rentrer dans leurs corps, fassent leur déclaration à leur municipalité, et qu’il leur soit sur-le-champ donné une route pour rejoindre les corps qu’ils ont désignés, sans s’informer si le corps est complet ou non.</p><p lang="fr-FR">Tous nos corps sont faibles ; il leur manque à tous au moins 2 à 300 hommes pour être à 2 000 hommes.</p><p lang="fr-FR">Vous ne m’avez pas encore fait connaître le résultat des demandes que vous avez faites aux préfets pour le complément de la Garde.</p><p lang="fr-FR">Sur l’état de situation de l’armée de Hanovre, je vois qu’il n’y a que les 1<sup>re</sup> et 20<sup>e</sup> compagnies du 8<sup>e</sup> régiment d’artillerie, tandis que je trouve sur l’état de situation de l’artillerie les 1<sup>re</sup>, 2<sup>e</sup>, 5<sup>e</sup>, 6<sup>e</sup>, 8<sup>e</sup> et 10<sup>e</sup> compagnies. Si ces six compagnies sont en Hanovre, c’est assez ; mais, s’il n’y en avait que deux, ce ne serait pas suffisant. Je trouve également, sur l’état de situation de l’armée de Hanovre, une seule compagnie du 3<sup>e</sup> régiment d’artillerie à cheval, tandis que, sur l’état de situation de l’artillerie, je trouve les 1<sup>re</sup>, 2<sup>e</sup>, 3<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup> compagnies à cheval. S’il y a quatre compagnies à cheval, elles suffisent ; mais, s’il n’y en a qu’une, ce n’est pas assez.</p><p lang="fr-FR">Sur le même état de situation, il est dit qu’il n’y a en Hanovre que 500 chevaux d’artillerie, ce qui ferait 400 de trait. Il est évident que ce nombre est insuffisant ; l’armée de Hanovre doit avoir au moins 2 000 chevaux d’artillerie. Comme je n’ai point la situation de l’artillerie de l’armée de Hanovre, je ne puis voir s’il y a assez de pièces d’artillerie attelées. Ce corps d’armée devrait être au moins de 60 à 80 pièces de campagne, avec double approvisionnement.</p><p lang="fr-FR">J’imagine que vous avez ordonné qu’il n’y ait dans cette armée qu’un seul bataillon du train, et que ses compagnies fussent dédoublées, afin de fournir le nombre d’hommes nécessaire.</p><p lang="fr-FR">L’état de situation de l’artillerie et du génie que j’ai est du 15 messidor ; je désire en avoir un autre du 15 thermidor.</p><p lang="fr-FR">Donnez des ordres pour la réunion des différents détachements des bataillons du train.</p><p lang="fr-FR">Par le plan que vous m’avez envoyé du Havre, il résulte que l’ennemi n’était qu’à 1 200 toises de la place[^1]. Comment est-il possible qu’à cette distance nos canons et nos bombes ne l’incommodassent point, nos bombes et nos mortiers à la Gomer[^2] portant très certainement à 13 et 1400 toises ? Je suis donc fondé à croire qu’il n’y avait que des mortiers à petite portée, qui ne vont qu’à 800 toises. Les batteries de côtes, sur l’angle de 10 degrés, doivent tirer à 12 et 1300 toises ; et, si le directeur d’artillerie avait été un peu intelligent, il aurait placé quelques pièces sur affûts marins, lesquels, permettant de tirer sur l’angle de 25 degrés, auraient porté les mobiles à 1 800 toises. Voilà les détails qui devraient regarder le premier inspecteur[^3], car il est affreux de penser que les Anglais peuvent bombarder une ville comme le Havre à 1 200 toises. Je vous ai écrit pour faire faire des affûts pour tirer sur l’angle de 43 à 45 degrés.</p><p lang="fr-FR">Faites-moi connaître les mesures que compte prendre le général Mortier[^4] pour faire passer en France les 40 000 fusils qu’il a, toute l’artillerie de bronze qui lui est inutile, et les autres munitions d’artillerie. Les cartouches de 22 de calibre, n’étant pas bonnes pour nos fusils, il faut les faire refondre.</p><p lang="fr-FR">Je n’approuve pas l’ordonnance que j’apprends que vous avez faite pour changer les uniformes. Je ne conçois pas que vous ayez ôté le panache et le baudrier aux généraux de brigade[^5], ce dont ils ont le plus besoin ; que vous ayez donné un uniforme particulier au lieutenant général, qui n’est pas un grade ; que vous ayez changé les couleurs des aides de camp. À quoi aboutit de changer tous les uniformes, si ce n’est à gêner des hommes qui avaient leur uniforme tout fait ? Vous me disiez que c’était la réunion de tout ce qui existait ; il me paraît, par ce que je vois, que vous avez tout changé.</p><p lang="fr-FR">Vous ne m’avez pas envoyé la lettre du général Saint-Cyr[^6]. Recommandez-lui de reprendre toutes les fortifications qu’occupait le général Soult, et de vous envoyer l’état de l’artillerie qu’il a trouvée à Tarente et dans les différents postes. Il doit armer l’île et les côtes de manière qu’une escadre française de dix vaisseaux de guerre puisse être protégée contre une escadre supérieure. Envoyez-moi l’état de situation de son corps, pour voir s’il a besoin de canons. Dans tous les cas, il doit exercer un bataillon de ligne à faire le service de canonniers.</p><p lang="fr-FR">Donnez ordre à trois escadrons du 10<sup>e</sup> de hussards, complétés sur le pied de paix, de se rendre à Bayonne, ainsi qu’à trois escadrons du 25<sup>e</sup> de chasseurs.</p><p lang="fr-FR">Donnez ordre au général qui doit commander l’artillerie de ce camp, et au général de cavalerie, de s’y rendre dans le plus court délai. Assurez-vous que toutes les mesures ont été prises pour que le nombre de canons demandés pour le camp de Bayonne soient attelés et prêts à partir au premier moment.</p><p lang="fr-FR">Donnez ordre au bataillon expéditionnaire piémontais, qui est à Montpellier, de se mettre en marche pour le camp de Bayonne. Je suppose qu’il est en état.</p><p lang="fr-FR">Pressez le plus possible la formation de la légion piémontaise, dont je n’entends plus parler. Vous savez que le bataillon qui est à Montpellier n’en fait pas partie ; c’est un bataillon séparé.</p><p lang="fr-FR">Donnez ordre au 18<sup>e</sup> régiment de cavalerie de se rendre au camp de Bayonne ;</p><p lang="fr-FR">À deux bataillons de la 105<sup>e</sup> demi-brigade, complétés sur le pied de paix, de se rendre au camp de Bayonne ;</p><p lang="fr-FR">À la 3<sup>e</sup> légère, qui est à Béziers, de se rendre à Perpignan, d’où le général commandant la division[^7] la mettra en garnison dans les places frontières de l’Espagne, telles que Bellegarde, etc.</p><p lang="fr-FR">Recommandez à ce général de placer ces troupes sans affectation, et de se faire rendre compte de l’état des frontières d’Espagne, de l’état de leurs munitions de guerre et de bouche, et des ressources qu’on pourrait trouver pour y former rapidement une division d’artillerie.</p><p lang="fr-FR">Écrivez au général Mortier que les compagnies d’élite de cavalerie ne doivent jamais quitter le régiment, et marcher à leur tour avec leur régiment.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: La Havre a été bombardé par les Anglais dans la nuit du 21 au 22 juillet. Voir ci-dessus n° 7861. [^2]: Du nom de l’officier d’artillerie qui les mit au point à la fin de l’Ancien Régime. La chambre de ces mortiers avait été modifiée afin d’éviter l’usure et le vent « du boulet » (en l’espèce de la bombe). [^3]: Marmont depuis septembre 1802. [^4]: Il commande les troupes françaises au Hanovre. [^5]: <span></span> Ces réflexions aboutissent au règlement du 1<sup>er</sup> vendémiaire an XII réglant l’uniforme des généraux qui restera en vigueur jusqu’a la Restauration. [^6]: Gouvion Saint-Cyr est lieutenant général des troupes françaises à Naples. [^7]: <span></span> La 10<sup>e</sup> division militaire est commandée par la général La Val. [^8]: Expédition, S. H. D., département de l’Armée de Terre, fonds Berthier, 1 K 3.</body>