CG4-7899.md

identifiantCG4-7899.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/08/03 00:00
titreNapoléon au général Berthier, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7899. - </b>Au général Berthier, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Namur, 15 thermidor an XI [3 août 1803]</h2><p lang="fr-FR">Les rapports que je reçois, citoyen ministre, et tout ce que l’on me dit sur les côtes, me convainquent de la nécessité de prendre une mesure pour les garde-côtes. Présentez-moi donc un arrêté par lequel les communes qui fourniraient des garde-côtes seraient exemptes de la conscription, et pour que tous les conscrits de ces communes soient tenus de faire le service des côtes jusqu’à la concurrence nécessaire ; autorisez aussi tous les conscrits des années VIII et antérieures, qui ne feraient partie d’aucun corps et qui appartiendraient à ces communes, à entrer dans les garde-côtes.[^1]</p><p lang="fr-FR">Je désirerais connaître le nombre de conscrits de l’an VIII et des années antérieures que chaque département doit encore fournir, afin d’en finir pour cette conscription. Plusieurs départements disent que cette nécessité de faire rejoindre ces conscrits rend errants beaucoup de citoyens, et rend impopulaire et difficile la conscription présente, à laquelle les citoyens s’accoutumeraient volontiers sans cet arriéré. Il me paraît donc nécessaire de finir la conscription des années VIII et antérieures ; et, pour se mettre d’accord avec ce principe, il me paraîtrait qu’il suffirait d’ordonner que les conscrits des années VIII et antérieures, que les départements auraient encore à fournir, se présenteraient chez le maire de leur commune, qui fournirait l’état des conscrits conforme à celui donné par les départements, et sur lequel il serait fourni seulement le dixième des conscrits de l’an VIII et des années antérieures que les départements auraient à fournir. Par ce moyen, on aurait encore 5 à 6 000 hommes, et on ferait tout ce qui peut rendre populaire la conscription. Ces deux choses doivent être faites avant d’appeler la nouvelle conscription de l’an XII et XIII.</p><p lang="fr-FR">Je n’ai pas assez présente la législation de la conscription pour pouvoir prendre cet arrêté. Faites-moi rédiger un projet sur ces bases.</p><p lang="fr-FR">Vous trouverez ci-joint une lettre du préfet maritime de Brest[^2]. Je crois que les troupes de la 13<sup>e</sup> division militaire sont mal distribuées. Donnez ordre que toute la 24<sup>e</sup> demi-brigade de ligne se rende à Brest, pour en renforcer la garnison et celle des environs. Il y aura alors dans le département du Finistère les 40<sup>e</sup>, 15<sup>e</sup>, 24<sup>e</sup>, 37<sup>e</sup> et 107<sup>e</sup> de ligne ; dans aucun temps il n’y en a eu autant.</p><p lang="fr-FR">Donnez ordre que le 7<sup>e</sup> régiment de chasseurs se rende également à Brest. Il sera partagé sur les côtes du Finistère par compagnie et par escouade ; chaque escouade commandée par un officier. On peut faire aussi du régiment une vingtaine de détachements qui peuvent être distribués sur les points les plus importants de la côte de ce département, et se trouver partout où il sera nécessaire pour protéger les convois contre les péniches ennemies, veiller sur la correspondance de l’intérieur avec l’extérieur, et, en cas d’événements, renforcer les batteries et donner tout le secours possible à la côte. Il faut simplement avoir soin que les chevaux soient bien nourris, et que chaque homme ait une bonne carabine et des cartouches.</p><p lang="fr-FR">Le 1<sup>er</sup> régiment de hussards sera destiné au même usage : deux escadrons pour le Morbihan et deux pour les Côtes-du-Nord. Le général de la division[^3] désignera les points les plus importants des côtes de chacun de ces départements. L’état-major du 7<sup>e</sup> régiment de chasseurs restera à Brest, et celui du 1<sup>er</sup> de hussards à Pontivy. Ayez soin de faire rédiger une instruction pour que les chefs d’escouade rendent compte au capitaine de tout ce qu’ils auront aperçu sur la côte et de tout ce qui peut intéresser le Gouvernement ; le capitaine en rendra compte au chef d’escadron ; celui-ci, au général commandant le département ; le général commandant le département, au général de la division, qui fera passer tous les jours ce rapport au ministre de la Guerre. Les chefs d’escadron auront soin, dans leur tournée aux différents postes, de visiter les batteries des côtes, et de se mettre au fait de tout ce qui peut intéresser le Gouvernement.</p><p lang="fr-FR">Dans le rapport sur les cuirassiers que vous m’avez envoyé, vous dites que les 7<sup>e</sup> et 8<sup>e</sup> régiments de cuirassiers manquent seuls de cuirasses ; ayant passé en revue le 6<sup>e</sup> régiment, je l’ai trouvé sans cuirasses et sans casques.[^4]</p><p lang="fr-FR">Le général Saint-Cyr[^5], au fond de la Calabre, n’aura aucun moyen pour habiller ses conscrits, si le général Dejean[^6] ne fait acheter dans le royaume de Naples tout ce qui est nécessaire pour leur fournir au moins des culottes et des vestes ; ce pays étant chaud, des vestes suffiront. Il n’y a pas d’inconvénient à ne les habiller qu’à leur arrivée aux corps.<sup> </sup> </p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">Les conscrits pourraient partir de Breda par détachements de 500 hommes, et toujours conduits par un officier et un détachement de 15 hommes à cheval et de 25 hommes à pied des troupes qui sont à Deventer, qui les conduiraient ainsi jusqu’à la première ville de Hanovre. Chaque corps qui est à Hanovre pourrait envoyer quelques officiers et sous-officiers pour marcher chacun avec leur détachement</span></font></font>[^7]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">.</span></font></font>[^8]</p><p lang="fr-FR"><br/> </p> [^1]: Voir ci-dessus n° 7850 et 7858. [^2]: Caffarelli du Falga. [^3]: <span></span> Le général Delaborde commande la 13<sup>e</sup> division militaire depuis 1801. [^4]: Voir ci-dessus n° 7403. [^5]: Gouvion Saint-Cyr est lieutenant général des troupes françaises stationnées à Naples. [^6]: Ministre directeur de l’Administration de la guerre. [^7]: Le post-scriptum ne figure pas sur la copie. [^8]: <span></span> Copie d’expédition, Recueils de lettres archivées par Clarke, an X - an XI, communiqués par l’Étude Gros et Delettrez. Extrait [catalogue de vente], Sotheby &amp; Co., <font color="#000000"><i>Napoleon &amp; Berthier. Catalogue of autograph letters, manuscripts, historical documents &amp; maps. </i></font><font color="#000000"><span lang="en-GB"><i>The Property of the descendants of Louis-Alexandre Berthier 1753-1815, Prince of Wagram, Sovereign-Prince of Neufchatel, Marshal of the French Empire,</i></span></font><font color="#000000"><span lang="en-GB"> Londres, 1</span></font><font color="#000000"><sup><span lang="en-GB">er</span></sup></font><font color="#000000"><span lang="en-GB"> mars 1938, p. 52, n° 32. </span></font><font color="#000000">Cette lettre est repassée en vente à Genève en 1939 (W. S. Kundig, </font><font color="#000000"><i>Collection d’un amateur, 124 lettres de Bonaparte</i></font><font color="#000000">, Genève, 27 juin 1939, p. 41, n° 119) puis à Paris en 1974 (Claude Coulet, André Faure, </font><font color="#000000"><i>Vente de documents historiques</i></font><font color="#000000">, Drouot, 1</font><font color="#000000"><sup>er</sup></font><font color="#000000"> mars 1974, p. 4, n° 14).</font></body>