| identifiant | CG4-7892.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1803/08/02 00:00 |
| titre | Napoléon au général Berthier, ministre de la Guerre |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7892. - </b>Au général Berthier, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Liège, 14 thermidor an XI [2 août 1803]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">L’affût de côte, citoyen ministre, ne permet de tirer des pièces que sur l’angle de 10 degrés, et une pièce de 24, sur l’angle de 10 degrés, ne porte le boulet qu’à 13 ou 1 400 toises, tandis que, sur l’angle de 45 degrés, elle porte le boulet à 2 100 et 2 200 toises, ce qui fait une différence de portée de 800 toises ; c’est la raison véritable qui fait que nos batteries de côte n’atteignent point les vaisseaux de l’ennemi, tandis que les boulets de ceux-ci dépassent nos batteries de 300 toises, parce que les pièces des vaisseaux, montées sur des affûts marins, permettent de tirer à 25 degrés et portent le boulet à 1 800 toises, l’inclinaison du vaisseau ajoutant aussi très souvent quelques degrés. Il est donc indispensable de faire faire des affûts pour tirer avec quelques pièces de canon sur l’angle de 45 degrés. Je ne pense pas qu’il soit possible de se servir à toutes les batteries de ces affûts, vu qu’ils ne peuvent résister longtemps, mais on pourrait eu avoir aux batteries principales ; au Havre, par exemple, six pièces de 24, placées sur des affûts permettant de tirer à 45 degrés, pourraient être placées dans la position la plus près du mouillage, on pourrait en avoir à Boulogne, à la tête du musoir</span></font></font>[^1], à Ostende également.</p><p lang="fr-FR">J’ai déjà fait écrire au général Faultrier[^2], à Douai, d’essayer ces affûts ; mais c’est un objet si important, qu’il doit être le sujet de la méditation du comité d’artillerie.</p><p lang="fr-FR">Je désirerais aussi qu’on fît des recherches pour connaître quelle était la forme des mortiers de galiotes[^3] qui portaient les bombes à 2 300 toises et recevaient trente livres de poudre dans leur chambre. Quelques mortiers de cette espèce peuvent être aussi d’une très grande utilité.</p><p lang="fr-FR">Il est constant que les Anglais se servent, pour le bombardement des places maritimes, de bombes qui vont très loin.</p><p lang="fr-FR">Les batteries des côtes dont on se plaint le plus fréquemment sont celles des Côtes-du-Nord.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Extrême pointe d’une digue, d’une jetée. [^2]: Directeur général des parcs d’artillerie. [^3]: Petit bâtiment de formes arrondies et à fond plat. [^4]: Copie d’expédition, Recueils de lettres archivées par Clarke, an X - an XI, communiqués par l’Étude Gros et Delettrez.</body> |