CG4-7875.md

identifiantCG4-7875.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/07/28 00:00
titreNapoléon au contre-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7875. - </b>Au contre-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bruxelles, 9 thermidor an XI [28 juillet 1803]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">Je reçois avec grand plaisir, citoyen ministre, la nouvelle de l’arrivée de </span></font></font><i>L’Aigle</i><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR"> à Cadix et de l’escadre du contre-amiral Bedout au Ferrol</span></font></font>[^1] ; vous ne pouviez m’en donner une plus agréable. Je partage votre opinion qu’il ne faut s’exposer à aucune espèce d’échec, dont le moindre inconvénient serait la perte que nous ferions, mais qui risquerait de soutenir le courage et l’opinion dans un pays qui paraît avoir besoin de quelques succès. Servez-vous du bassin du Ferrol.</p><p lang="fr-FR">Faites doubler en cuivre <i>L’Argonaute,</i> s’il ne l’est pas, et faites réparer les deux autres vaisseaux ; faites-les gréer, armer et approvisionner de manière à les mettre en état de tout entreprendre. Faites partir de Rochefort un détachement de canonniers et de matelots suffisant pour compléter les équipages. Il serait peut-être plus sûr que ces canonniers s’y rendissent par terre. Je vais aussi prendre des mesures pour y envoyer un bataillon de 500 hommes pour former des garnisons.</p><p lang="fr-FR">Le général Bedout doit rester à son poste. L’air de la terre le rétablira promptement. Je ne m’oppose pas à ce que vous envoyiez le capitaine Gourdon[^2] pour chef d’état-major, mais non le tribun Daugier, dont le sort est irrévocablement fixé à la flottille[^3]. Faites payer les mois de solde dus à l’équipage, et envoyez l’argent nécessaire pour accélérer le gréement et l’armement ; écrivez-en à Beurnonville[^4]. De son côté, le cabinet écrira d’ici en Espagne pour faire fournir les secours convenables. Mais j’estime que, pour aplanir toute difficulté, indépendamment de quelques mois de solde dus à l’équipage, il faudrait envoyer 400 000 francs au moins pour cette escadre.</p><p lang="fr-FR">Quant à <i>L’Aigle,</i> plusieurs bâtiments de commerce sont arrivés en Espagne ; les ventes s’en sont faites ; ce qui doit rendre disponibles plusieurs centaines de matelots français ; faites-les réunir de tous les points, et envoyez-les à Cadix. Il sera peut-être facile d’envoyer par terre une soixantaine de canonniers de Toulon à Cadix.</p><p lang="fr-FR">Donnez l’ordre au général Laplume de se rendre par terre en France, et recommandez à nos agents de le bien traiter. Il s’est bien conduit, et, quelle que soit sa couleur, la République lui doit des marques de satisfaction pour ses services[^5].</p><p lang="fr-FR">Une fois que l’escadre du contre-amiral Bedout sera en état de reprendre la mer, approvisionnée de plusieurs mois de vivres et d’eau, parfaitement équipagée et prête à tout entreprendre, on pourrait la faire débloquer au moment opportun par les onze vaisseaux dont elle devait faire partie. Mais je vois avec peine <i>L’Aigle</i> à Cadix ; il attirera l’ennemi dans le détroit. Je pense que, lorsque ce vaisseau sera en état, il faudrait le faire rejoindre à Toulon, ce qui compléterait l’escadre à douze vaisseaux. Le principal actuellement est de faire connaître au général Bedout et à l’ambassadeur Beurnonville les dispositions à faire pour la mise en état de ces vaisseaux, et d’envoyer l’argent nécessaire pour payer les équipages et travailler au ravitaillement de ces vaisseaux.[^6]</p> [^1]: Bedout revient de Saint-Domingue où il a conduit des renforts, il débarque malade au Ferrol, port militaire à proximité de la Corogne en Galice. Il cesse de naviguer à la suite de ce convoi. [^2]: Chef de l’état-major de Bedout, Antoine-Louis de Gourdon va le remplacer à Saint-Domingue. Il s’illustrera plus tard en tant que commandant de la flottille française au Havre. [^3]: Daugier est président de l’une des commissions d’armement de la flottille de Boulogne. [^4]: Ambassadeur en Espagne depuis septembre 1802, il organise la coopération navale entre les deux nations. [^5]: On sait peu de choses sur ce général (apparemment l’état-major n’en sait guère plus) qui a commandé le sud de Saint-Domingue au moment de la guerre entre Blancs et Noirs. Il a combattu aux Cayes, en mars 1803, avec succès. Il aurait quitté l’île en juin 1803 et est probablement mort pendant le voyage. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, thermidor an XI, n° 31.</body>