| identifiant | CG4-7858.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1803/07/25 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Berthier, ministre de la Guerre |
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| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7858. - </b>Au général Berthier, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bruxelles, 6 thermidor an XI [25
juillet 1803]</h2><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">J’approuve,
citoyen ministre, que vous tiriez de Luxembourg</span></font></font>[^1]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">
sept pièces de 36, trois de 24, vingt-sept de 18 et onze de 12 en
fer, qui s’y trouvent. Il faudrait les diriger sur Ostende</span></font></font>[^2],
où elles seront employées, partie à la défense de la ville,
partie selon les dispositions qui seront faites par la marine. Elles
doivent être dirigées de manière à arriver à Ostende avant le 10
fructidor. Vous avez l’expérience que, si on les envoie sans des
précautions particulières, elles n’arriveront pas avant dix-huit
mois.</p><p lang="fr-FR">Faites faire le relevé des pièces
en fer de 18, de 24 et de 36 qui existent dans les différentes
places de la République ; faites ajouter à côté l’état de
l’armement en bronze qui y est, afin de donner une destination aux
pièces de fer. Il y a de l’inconvénient à mettre sur les côtes
des pièces de bronze ; elles peuvent être facilement
enlevées ; j’en ai cependant aperçu beaucoup dans ma
tournée.</p><p lang="fr-FR">Donnez ordre aux officiers du génie
du Havre de tracer sur un plan les positions de nos <i>bateaux
canonniers</i> et celles des bâtiments ennemis <i>à l’affaire du
2 thermidor</i>[^3]<i>,
ainsi que la position</i> des batteries.[^4]</p><p lang="fr-FR">Faites diriger une compagnie
d’artillerie de ligne sur le Havre. Envoyez-en une à l’île
d’Aix. Je pense qu’il y en a une à Cherbourg.</p><p lang="fr-FR">J’ai vu à Anvers une compagnie de
canonniers vétérans qui y est inutile ; il faudrait l’envoyer
sur la côte, dans l’île de Cadzand[^5]
et à Blankenberghe.</p><p lang="fr-FR">Il paraît qu’il y a des
difficultés pour la levée des compagnies garde-côtes. Il n’y a
pas d’autre moyen à prendre que d’exempter de la conscription
les communes qui doivent fournir leur contingent aux dites
compagnies[^6].</p><p lang="fr-FR">Je suis étonné qu’il n’y ait
pas encore un conseil militaire établi à l’île d’Elbe. Je ne
suis pas moins étonné d’apprendre que les troupes couchent sur le
pavé des casernes, et n’ont ni paille ni fournitures.</p><p lang="fr-FR">Je ne comprends pas comment le
général Rusca[^7]
a incorporé des Polonais et des déserteurs étrangers dans les
bataillons français. Il me semble que l’ordre avait été donné
de compléter les bataillons polonais en y incorporant les étrangers,
et d’incorporer dans les demi-brigades de ligne tout ce qui
proviendrait des dépôts coloniaux. Mais, puisque cela est fait, il
n’y a pas à y revenir. Recommandez-lui de ne plus incorporer les
déserteurs avec nos troupes ; qu’il doit en former, au
contraire, deux petits corps, l’un à Portoferraio, l’autre à
Porto-Longone.</p><p lang="fr-FR">Mettez 1 000 francs par mois à
la disposition du général Rusca, pour dépenses extraordinaires et
secrètes. Donnez-lui l’ordre de désarmer et de former en
compagnies de pionniers, qu’il emploiera aux travaux de la place,
toutes les compagnies de déserteurs étrangers qui arriveront à
l’île d’Elbe, dont il ne serait pas sûr.</p><p lang="fr-FR">Quant à ses difficultés avec le
commissaire du Gouvernement, il doit les oublier et se concerter avec
lui pour la défense de l’île.</p><p lang="fr-FR">J’ai communiqué au ministre de
l’Intérieur[^8]
la lettre du général Menou. Il me paraît étonnant qu’il y ait
en Piémont un si grand nombre de brigands. Il peut y avoir beaucoup
d’hommes avec peu de moyens d’existence qui peuvent entrer dans
les légions qu’on lève dans le pays. Activez la levée de ces
légions.</p><p lang="fr-FR">Donnez l’ordre au général Rusca
que, la 20<sup>e</sup> demi-brigade étant à son complet de guerre,
tous les détachements qui arriveront désormais de Villefranche, de
Marseille ou d’autres dépôts, soient formés en deux bataillons,
composés chacun de cinq compagnies, et chaque compagnie composée de
100 hommes.</p><p lang="fr-FR">Les déserteurs étrangers qui
viendront soit de Gênes, soit de Toulon, seront réunis aux
compagnies qui existent actuellement, et seront formés également en
bataillons de cinq compagnies.[^9]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i>[^10]</h3>
[^1]: Chef-lieu du département des Forêts.
[^2]: Que Bonaparte a visité le 10 juillet 1803.
[^3]: Le Havre a été bombardé par les Anglais pendant près de 12 h, durant la nuit du 21 au 22 juillet.
[^4]: Phrase biffée : « Les emplacements où se trouvent les différents bâtiments doivent être levés avec la plus grande exactitude possible. »
[^5]: En Flandres zélandaises.
[^6]: Voir ci-dessus n° 7850.
[^7]: Commandant de l’île d’Elbe depuis décembre 1801.
[^8]: Chaptal.
[^9]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, thermidor an XI, n° 18.
[^10]: La signature est biffée sur la minute.</body> |
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