CG4-7790.md

identifiantCG4-7790.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/07/07 00:00
titreNapoléon au général Berthier, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7790. - </b>Au général Berthier, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lille, 18 messidor an XI [7 juillet 1803]</h2><p lang="fr-FR">Je vous renvoie, citoyen ministre, la lettre du colonel directeur d’artillerie.</p><p lang="fr-FR">Les objets d’artillerie de Grenoble sont arrivés deux mois après qu’ils étaient nécessaires, et aujourd’hui, pour les faire passer à l’île d’Elbe, on les exposera à être pris. Tant que l’artillerie fera venir de loin ce qu’elle peut [se] procurer près, ce sera toujours la même chose.</p><p lang="fr-FR">La note que vous m’avez envoyée pour justifier le retard du remplacement des détachements des 8<sup>e</sup> et 46<sup>e</sup> demi-brigades ne m’a pas satisfait. Il n’y avait pas d’inconvénient qu’il y eût quelques conscrits de plus ou de moins. Dans les vingt-quatre heures de l’arrêté que j’ai pris il y a cinq mois, les officiers des nouvelles compagnies devaient être nommés, afin que les cadres se trouvassent sur-le-champ formés.</p><p lang="fr-FR">Je n’ai pas été plus satisfait de la réponse pour justifier l’artillerie de ce que plusieurs batteries étaient démontées par défaut d’affûts. Le directeur du Havre devait en envoyer, et il ne manque pas d’affûts au Havre ; le ministre de la Guerre devait en faire passer en poste, si cela était nécessaire ; car il est bien étrange que, quatre mois après le message du roi d’Angleterre, j’ai trouvé des côtes sans défense et sans aucune protection pour le commerce. Cela ne s’appelle point administrer l’artillerie et subvenir aux besoins de l’État.</p><p lang="fr-FR">J’ai, en général, été beaucoup plus satisfait de l’artillerie de la direction de Saint-Omer.</p><p lang="fr-FR">Vous dites qu’il y avait à La Fère des affûts prêts au 10 prairial ; comment ne sont-ils pas arrivés à l’embouchure de la Somme au 10 messidor ? Je ne puis trop le répéter, il y a la plus coupable lenteur. Les envois d’artillerie ne sont point comme les envois de ballots, et ce n’est pas quatre mois après qu’il a été ordonné d’armer, qu’il est pardonnable que des batteries importantes à l’embouchure de la Somme soient désarmées.</p><p lang="fr-FR">Relativement à la tête du musoir de la jetée de Boulogne, ce n’est point le génie maritime qui a tort, mais le génie de terre et le ministre de la Guerre : parce qu’il n’a point tenu la main à l’exécution de l’arrêté de l’an IX ; le génie de Boulogne, parce que, lorsque le génie maritime lui a montré l’arrêté, il lui a refusé l’entrée des batteries, ce qui l’a empêché d’y travailler.</p><p lang="fr-FR">Vous me répondez, au mécontentement que je vous ai marqué de ce qu’aucunes précautions n’ont été prises pour armer les places de la côte, que les batteries des places et forts du côté de la mer ont été armées. Ces deux choses ne se correspondent point. On a bien armé les batteries des côtes, mais aucune précaution n’a été prise pour armer les places. Ainsi il n’y a aucune pièce en batterie à Calais, Gravelines, Dunkerque, etc. Un armement complet serait inutile, mais une pièce de canon par bastion suffit pour la côte qui règne le long de la mer. Quant à Cherbourg, Brest, Toulon, les îles de Ré, d’Oléron, de Belle-Île, ces places doivent être entièrement armées.</p><p lang="fr-FR">Faites connaître au colonel du 3<sup>e</sup> de hussards[^1] mon mécontentement de ce que j’apprends ; que j’espère qu’il prendra des mesures pour arrêter les coupables et pour qu’il ne reste aucune espèce de préjugés contre le régiment.[^2]</p> [^1]: Armand Lebrun de La Houssaye. Voir ci-dessus n° 7776. [^2]: Copie d’expédition, Recueils de lettres archivées par Clarke, an X - an XI, communiqués par l’Étude Gros et Delettrez.</body>