32_Masson_SH

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est validéoui
date1818/11/15 00:00
titreLettre de Beaumont de Brivazac à d'Osmond, ambassadeur de France à Londres, 15 novembre 1818
texte en markdown<h1><span style="font-family:Chivo;font-size:60%;line-height:1;"><b>32_Masson_SH -</b> BEAUMONT DE BRIVAZAC À D'OSMOND, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES</span></h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Londres, le 15 novembre 1818</h2> N°1147 R. secret Confidentielle Monsieur le Marquis Il est donc de la plus haute importance d’avoir une entière connaissance des papiers saisis chez Gourgaud, et surtout qu’on ne vous communique pas seulement ce qu’on croira nécessaire ou ce qu’on voudra. Quant à moi, je dois tout savoir, et j’en sais déjà assez pour dire que l’ouvrage est loin d’être complet. Demain matin, lundi à 8 h du matin, je serai à un rendez-vous où je saurai des choses extraordinaires, comme, quoique confiné, je sais tout ce qui est dans les papiers de monsieur Gourgaud. Il est seulement fâcheux, et très fâcheux néanmoins, que je n’ai pas été libre. Il y aurait eu plus de choses faites…Je serai pourtant d’avis que l’on vous communiqua officiellement certains faits qui établissent à mes yeux les manipulations existantes en France. Si on ne m’écoute pas, tant pis. Je me souviens de ma correspondance de 1814. Elle est en mon pouvoir, de même que toute celle que j’ai lue à Londres depuis le N ° 1er jusqu’au 1147e, sans exception d’un seul, depuis que 33 livres sterlings m’ont rendu les 142 numéros volés par le gueux Maubreuil. Il y a là assez de matériaux. Maubreuil a escompté il y a huit jours un bill du général Gourgaud pour 150 livres sterlings. Ajoutez cette somme aux 600 et tant de livres sorties de sa poche depuis un mois. Lorsque Maubreuil apprit hier l’arrestation de Gourgaud et la saisie de ses papiers, il était dans un bureau de l’Alien Office, il changea de couleur et fut prêt à se trouver mal. Il sera vengé, fut le propos imprudent, que tint cet homme devant deux agents ; on sait qu’il est armé jusqu’aux dents. Il rentra chez lui et resta enfermé et seul pendant 3 quarts d’heure dans l’après-midi, il ne se sépara pas de l’un des deux français arrivés d’Amérique la semaine dernière. Gourgaud n’était prévenu de rien ; je vous avais averti, vendredi du plan qui a été exécuté hier. La police n’est pas encore sur la trace du français qui chez Gourgaud fit hier matin une résistance inouïe aux agents du gouvernement, et qui en renversa un sur le pavé au moment où on enlevait le général. Quel est cet homme ? C’est un général…...je l’affirme. On doit enlever de même, Forbin Janson mais pas d’Alien bill, on ne peut le lui appliquer. Cet avis que je vous transmets est très secret. On l’a manqué hier, mais les papiers de Forbin ne sont plus là. À cinq heures tout ce qu’il y avait à saisir était rue de […] chez M. de […]. On ne les aura pas. Il n’y a qu’un moyen pour réussir, je l’emploierai quand il sera temps ; agir différemment serait une faute capitale, il manque encore quelque chose. Je prie seulement Votre Excellence de vouloir bien conserver cette dépêche que je signe pour la distinguer de mes notes ordinaires. L’infâme libelle de Maubreuil a révolté tous ceux qui le lisent, monsieur Justin Allas et le solliciteur général, sont d’avis que Maubreuil est perdu. Si n’importe qui l’attaque pour libelle, on blâme sévèrement le gouvernement français de laisser ce brigand agir avec autant d’imprudence. Ce n’est pas l’Alien bill qu’il faut lui appliquer, dit-on de toute part, mais l’exécution de la loi sur les libelles. Un homme de paille peut attaquer lui et ses imprimeurs. Billets trouvés sur la table de Gourgaud. En anglais : On vous a attendu hier à 10. Vous seul n’y étiez pas. P.V., 7 novembre. En français : Général, J’ai le plus grand besoin de vous voir de suite pour vous communiquer des objets de la plus haute importance. V.T.H.S, Châteauneuf. Je continuerai ces détails au fur et à mesure. De Votre Excellence le très humble serviteur, Comte Beaumont Brivazac Autre effet du hasard : Le comte de Lima est logé par force dans la maison que je quitte demain, et il me conte d’étranges choses me croyant furieux du véritable abandon dans lequel on m’a laissé pour une bagatelle suite de malheurs, et de trop de zèle. Il est de fait que le comte se trompe. Je suis trop fier et trop généreux pour me plaindre, et j’ai plus fait pendant cette réclusion volontaire et qui me fait honneur que pendant 3 mois antérieurement.[^1] Signé B. [^1]: Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 20, fol 454.