| identifiant | CG4-7517.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1803/03/11 00:00 |
| titre | Napoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse |
| texte en markdown | <body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7517. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 20 ventôse an XI [11 mars 1803]</h2><p lang="fr-FR">N’ayant pas, en ce moment, d’ambassadeur auprès de Votre Majesté, j’envoie auprès d’elle, pour une mission momentanée, le général Duroc[^1]. Je le charge de lui faire connaître les événements survenus avec l’Angleterre relativement à Malte[^2].</p><p lang="fr-FR"><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">La France devait évacuer les États de Naples, et spécialement le port de Tarente, trois mois après la signature du traité d’Amiens. J’ai ponctuellement rempli les conditions du traité. L’Angleterre devait, dans le même temps, évacuer Malte. Les trois mois s’étant écoulés, le cabinet de Londres me fit dire qu’il fallait d’abord que le grand maître de Malte fût nommé. Le grand maître a été nommé</span></font></font>[^3]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">. Alors il objecta qu’il fallait que la Russie eût garanti l’indépendance de l’ordre de Malte</span></font></font>[^4]<font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">. La garantie de la Russie est arrivée. Pour ne faire aucune difficulté, j’y ai adhéré. Mais aujourd’hui l’Angleterre lève le masque et me </span></font></font><font color="#000000"><i>déclare qu’elle désire </i></font><font color="#000000"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span lang="fr-FR">garder Malte pendant sept ans. Cette violation manifeste et sans exemple d’un traité ne saurait être soufferte par la France. Cependant la guerre est un malheur que je ne saurais trop déplorer, et je désirerais que Votre Majesté, comme ayant été si vivement sollicitée par l’Angleterre de garantir l’ordre de Malte, voulût prendre quelque intérêt à ce que l’article du traité fût exécuté.</span></font></font>[^5]</p><p lang="fr-FR">Dans le cas, ce que je ne saurais encore me persuader, où le roi d’Angleterre[^6] voulût manquer à sa foi d’une manière aussi honteuse et où la guerre dût s’ensuivre, j’ai le droit de l’attaquer partout où flotte sa bannière et où il me sera possible de l’atteindre. C’est donc spécialement sur cet objet que j’ai chargé le général Duroc de s’entretenir avec Votre Majesté[^7]. Elle sait combien je désire, dans toutes les circonstances, lui être agréable.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Aide de camp du Premier Consul. [^2]: Londres continue à refuser d’évacuer Malte, en dépit du traité d’Amiens. Ce sera la cause visible de la rupture. [^3]: Giovanni Battista Tommasi. [^4]: Paradoxalement, les tsars (orthodoxes) se considéraient comme les protecteurs de l’Ordre de Malte (catholique romain). [^5]: Phrase biffée : « L’ordre a été admis à jouir de son indépendance ; le Roi de Naples a envoyé deux mille hommes, ils n’ont pas été admis dans les forts. » [^6]: George III. [^7]: Phrase biffée : « et de me rapporter l’opinion de Votre Majesté ». [^8]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, ventôse an XI, n° 24.</body> |