CG4-7489.md

identifiantCG4-7489.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1803/02/21 00:00
titreNapoléon à Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne
texte en markdown<body><h1 lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG4</i> - 7489. - </b>À Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 2 ventôse an XI [21 février 1803]</h2><p lang="fr-FR">Je réponds à votre lettre du 21 janvier. Le général Leclerc est mort en brave homme et à son poste. Je vous remercie de ce que vous m’en dites.</p><p lang="fr-FR">J’agrée l’espérance de voir enfin un budget à la convocation du mois d’avril. Je remettrai à Marescalchi[^1] les comptes des ministres du Trésor public et des Finances[^2] de cette année. Vous y verrez comment nous procédons ici.</p><p lang="fr-FR">Nous sommes toujours en discussion pour le Concordat, mais on finira par s’arranger[^3].</p><p lang="fr-FR">Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce que vous demandez pour le Conseil législatif. Je voudrais, autant que possible, ne toucher à rien de ce qui a été fait à Lyon, de peur d’autoriser l’inquiétude dans les esprits.</p><p lang="fr-FR">Marescalchi a dû vous envoyer l’acte de médiation pour les affaires de Suisse[^4]. Présentez-le à la Consulte, afin d’assurer la garantie de la République italienne. Vous y verrez beaucoup de constitutions, mais c’est une des choses particulières à ma position, de beaucoup plus m’en occuper que je ne voudrais. Au reste, la manière dont marche la République italienne ne me porte pas à me repentir de ce qui a été fait l’année passée.</p><p lang="fr-FR">Je pense que la République devrait prendre trois bataillons suisses à sa solde, pour tenir lieu de légions polonaises. Il ne paraît pas effectivement convenable que la République italienne ait la moitié de ses troupes composées de Polonais[^5], qui sont aujourd’hui sous la domination autrichienne. Je verrai avec plaisir que les troupes auxiliaires de la République italienne se trouveront à peu près les mêmes, et nous y gagnerons d’avoir trois bataillons suisses au lieu des légions polonaises. Je vous recommande de faire marcher la conscription, afin de compléter les cadres des corps italiens, qui sont très faibles. Je n’entends pas dire qu’elle aille encore.</p><p lang="fr-FR">Directement ou indirectement, ne souffrez aucune trame contre Naples ; le continent a besoin de repos, et tout ce qui tendrait à le troubler serait le jeu des Anglais, et non le nôtre. D’ailleurs, si la République italienne doit arriver à de plus hautes destinées, il faut désirer de commencer par la tête, et non par les pieds.</p><p lang="fr-FR">Je vous recommande de pousser les travaux de Mantoue et de la Rocca-d’Anfo, et de faire fournir tout ce qui est nécessaire à la confection de la route du Simplon ; elle est très arriérée du côté de l’Italie.</p><p lang="fr-FR">Il me reste enfin à vous recommander de mettre l’artillerie de la République sur un bon pied, d’activer la fabrication de la poudre, et d’avoir une quarantaine de mille de fusils dans vos arsenaux. Il y en a 500 000 en France, et je n’aurai point de repos que je n’en aie le double. Mettez la main à ce que les fusils soient de notre modèle de 1777, car, en fait d’armes, il faut surtout en avoir de bonnes et de durables.</p><p lang="fr-FR">Je voudrais bien, au lieu d’aller en Belgique et dans les départements réunis, faire le voyage d’Italie ; mais j’espère passer une quinzaine avec vous, un peu plus tôt ou un peu plus tard.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Ministre des Relations extérieures de la République italienne, en résidence à Paris. [^2]: Respectivement Barbé-Marbois et Gaudin. [^3]: Bonaparte évoque ici les négociations pour un concordat italien. On finira en effet « par s’arranger » : le catholicisme deviendra religion d’État mais une sorte de gallicanisme à l’italienne accompagnera cette concession au Saint-Siège. [^4]: Voir ci-dessus n° 7487. [^5]: <span></span> Les trois demi-brigades polonaises étaient passées au service de la République italienne, avant que deux d’entre elles (2<sup>e</sup> et 3<sup>e</sup>, transformées en 113<sup>e</sup> et 114<sup>e</sup> demi-brigade) soient redirigées vers Saint-Domingue. Seule reste au service de la République la 1<sup>re</sup> demi-brigade et la cavalerie. [^6]: <span></span><span lang="it-IT"> Carlo Zaghi, </span><font color="#000000"><span lang="it-IT"><i>I carteggi di Francesco Melzi d’Eril duca di Lodi, La Vice-Presidenza della Republica Italiana</i></span></font><font color="#000000"><span lang="it-IT">, Museo del Risorgimento e racolte storiche del commune di Milano, 1958, t. IV, p. 50, n° 928, d’après l’expédition, Archivio di Stato di Milano, Archives Melzi. Minute, Archives nationales, AF IV 863, ventôse an XI, n° 1.</span></font></body>