| identifiant | 08_Masson_SH |
|---|
| fait partie de | Masson |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1817/02/04 00:00 |
|---|
| titre | Lettre de Beaumont de Brivazac à d'Osmond, ambassadeur de France à Londres, 4 février 1817 |
|---|
| texte en markdown | <h1><span style="font-family:Chivo;font-size:60%;line-height:1;"><b>08_Masson_SH -</b> BEAUMONT DE BRIVAZAC À D'OSMOND, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES</span></h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Londres, 4 février 1817</h2>
Secrète
Par le courrier de ce jour, j’adresse au Ministre de la Police le *Quaterly Review* avec la réfutation des lettres de Warden sur Napoléon, ouvrage dont on va sans doute profiter pour mettre des notes dans *Le Moniteur*, afin de contrarier le mauvais effet qu’a fait en France la traduction de l’ouvrage de Warden[^1].
Il est fort important d’avoir établi l’identité entre M. Renaud de Saint-Amand, et l’aide de camp de Soult arrivé depuis 15 jours.
M. de Saint-Amand dit actuellement n’avoir pas quitté l’Angleterre, c’est faux. Il a fait un voyage mystérieux. Mais où a-t-il été ? Pour prouver à votre Excellence que M. Saint-Amand s’est absenté, il suffit de remarquer des faits suivants. S’il ne s’est pas absenté, pourquoi a-t-il été prendre à l’ambassade un passeport pour le continent il y a deux mois, et pourquoi l’a-t-il fait viser à l’allien office… ? S’il ne s’est pas absenté, pourquoi ne l’a-t-on vu nulle part depuis deux mois, pendant que depuis dix à douze jours, on le voit partout ? Il est constant, que M. Renaud de Saint-Amand, ancien officier de l’état-major de Soult, est le même que l’aide de camp dont j’ai parlé dans mes notes précédentes. Le même qui s’est informé de M. Julian, le même qui a dit à quelqu’un de confiance : « je suis arrivé depuis dix jours. » Si M. Renaud de Saint-Amand n’eut pas quitté Londres, il saurait bien si M. Julian y est arrivé oui ou non. Il serait donc fort utile de savoir où a été clandestinement M. de Saint-Amand. A-t-il été en France, a-t-il été à Düsseldorf ?
M. de Saint-Amand, en surveillance à Paris avant son départ, a été vivement recommandé par le ministre de la Police lorsqu’il est venu à Londres. Il a trompé l’ambassade et la surveillance en prenant un passeport et un visa de départ, s’il n’a pas quitté Londres, ce qui est faux, il est resté en contravention aux lois, sans permis de séjour, libre d’aller et venir sans qu’on en sut rien.
M. de Saint-Amand, depuis 1813, se trouve compliqué dans toutes les intrigues politiques importantes.
1° dans les négociations entamées par Soult avec le comte de Blacas en 1813 dont je vous rendrai compte (fait secret de la police de Buonaparte).
2° Dans l’intrigue de Murat, de la princesse Borghèse et de Marie-Louise en 1814.
3° Enfin Mme de [biffé], Saint-Amand a joué un rôle très marquant dans les évènements qui ont emmené le 20 mars 1815. À cette époque, j’ai voulu deux fois le faire arrêter à Lyon. Je l’eusse fait sans l’ordre de suspendre que je reçu de M. le comte Roger de Damas.
Dans mon opinion, je ne doute plus qu’il n’y ait en ce moment une intrigue secrète de menée, et que M. de Saint-Amand n’y joue un rôle marquant. Il est suivi et observé de près.[^2]
Le comte de B.
[^1]: Docteur Warden, *Letters written on board his Majesty’s ship the Northumberland*, 1815.
[^2]: Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 20, fol. 413. |
|---|
| |