| identifiant | CG3-7317.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1802/11/27 00:00 |
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| titre | Napoléon au capitaine général Leclerc, commandant en chef l’armée de Saint-Domingue |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7317. - </b>Au capitaine général Leclerc, commandant en chef l’armée de Saint-Domingue[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 6 frimaire an XI [27
novembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le général
Boudet, mon cher Leclerc, Ornano[^2]
et votre aide de camp Bruguière[^3]
sont arrivés, en raison inverse de leur départ et dans une même
semaine. Je vous ai suivi avec une vive sollicitude, et je prends un
bien grand intérêt aux maux que vous souffrez ; ils sont, je
l’avoue, plus forts que je ne l’avais calculé. Ce climat a été
bien affreux cette année.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je pense
que, dans les premiers jours de brumaire, vous avez dû recevoir la
86<sup>e</sup>, qui, acclimatée à Tarente, composée de vieux
soldats, et arrivant dans une saison favorable, vous sera d’un bon
et utile secours. Un vaisseau de guerre et deux frégates sont partis
de Toulon avec 1 200 hommes ; je compte qu’ils vous
seront rendus dans le courant de nivôse. Deux autres convois arment
en ce moment, l’un à Toulon, l’autre à Gênes, et sur des
vaisseaux de guerre : ils vous porteront 6 000 hommes ;
j’espère que vous les aurez dans le courant de pluviôse. Une
expédition qui part de la Hollande, avec 3 000 hommes, vous
arrivera quinze jours après cette lettre, c’est-à-dire à la fin
de nivôse. Enfin deux expéditions, chacune de 1 200 hommes, se
préparent dans ce moment à Dunkerque et au Havre. Mais ne laissez
pas passer toute la mauvaise saison, et, dès l’instant que vos
troupes se seront un peu remises, que les pluies auront à leur tour
fait du mal aux brigands, et que vous aurez reçu une partie de ces
différents convois, entrez en campagne ; car, après ce qui
vous est arrivé, il n’y a rien à espérer que dans l’hiver ;
cependant ce qui a eu lieu cette année est bien extraordinaire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’espère
que vous tirerez un bon service du général Watrin[^4],
qui a de l’ardeur et du courage.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">N’en
voulez pas au ministre de la marine, qui fait tout ce qu’il peut
pour vous et vous aime plus que vous ne paraissez le croire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le
ministre vous expédie les différentes récompenses accordées à
votre armée. Croyez que je sens vivement les services que vous avez
rendus ; et votre gloire sera entièrement consolidée lorsque,
par le résultat de votre seconde campagne, vous aurez rendu la
tranquillité à cette belle et vaste colonie, qui est l’objet de
la sollicitude et des espérances de tout notre commerce.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis
très content de la conduite qu’a tenue Paulette[^5].
Elle ne doit point craindre la mort, puisqu’elle mourrait avec
gloire en mourant dans une armée et en étant utile à son mari.
Tout passe promptement sur la terre, hormis l’opinion que nous
laissons empreinte dans l’histoire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis
fort content de votre beau-frère et de votre sœur[^6] ;
quand vous lirez cette lettre, elle aura augmenté votre famille.[^7]</p>
[^1]: Leclerc est décédé le 2 novembre, ce que Bonaparte ignore encore.
[^2]: <span></span> Philippe Antoine Ornano est alors sous-lieutenant. Il repartira pour Saint-Domingue le 1<sup>er</sup> décembre suivant.
[^3]: Claude Denis Noël (1773-1806).
[^4]: Il est mort de la fièvre jaune, le 22 novembre.
[^5]: Pauline Bonaparte qui a accompagné son mari à Saint-Domingue.
[^6]: Voir n° 6813, la sœur de Leclerc a en fait déjà accouché (mi-août) d’un petit Paul qui meurt l’année suivante.
[^7]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, frimaire an XI, n° 21.</body> |
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