| identifiant | 25_Masson_SH |
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| fait partie de | Masson |
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| est validé | oui |
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| date | 1818/09/24 00:00 |
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| titre | Lettre signée O à d'Osmond, ambassadeur de France à Londres, 24 septembre 1818 |
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| texte en markdown | <h1><span style="font-family:Chivo;font-size:60%;line-height:1;"><b>25_Masson_SH -</b> AGENT NON IDENTIFIÉ À D'OSMOND, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES</span></h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Londres, 24 septembre 1818</h2>
Je n’ai pas écrit, parce que je n’aurais pu que donner des conjectures ou me répéter. Le Parti poursuit toujours son système de délivrer par des négociations près des ministère anglais et par des pamphlets le prisonnier de Sainte-Hélène, ou du moins de faire adoucir beaucoup sa captivité. « Ce dernier point, dit le parti, sera accordé, la vie de Napoléon dépend d’un nouveau régime, et le ministre anglais à trop d’intérêt qu’il vise pour s’y refuser. Napoléon mort l’Angleterre perdrait son influence sur les Bourbons etc., les Alliés etc. » Ce surcroît d’espérance est le seul changement que j’ai aperçu dans le parti. Il n’est pas sans danger. Je soupçonne même que Sainte-Hélène à une correspondance réglée et active avec le ministère anglais et que le général Gourgaud est l’intermédiaire. Je n’ai encore, à ce sujet que des lueurs et des demi-confidences. Du reste, tous les napoléonistes de quelque importance sont absents, excepté le général Wilson qui revient quelquefois à Londres. Dans deux semaines le rendez-vous général du Parti sera à Bath, et c’est là qu’il faudrait que je le suivisse.
Depuis deux semaines, je vois chaque jour le général Gourgaud. J’ai lu, un manuscrit, sa relation de ce qui a précédé et suivi la bataille de Waterloo futur ouvrage imprimé par McCreery, paraitra lundi. Il s’en faut de tout qu’il soit bien écrit, mais il n’en réussira pas moins, dans l’étranger, où le style dans notre langue n’est pas le premier des mérites pour augmenter le succès du livre. Le général Gourgaud le présente comme écrit sous la dictée de Napoléon. Je le trouve très honorable à notre nation qui, dans les dernières campagnes a été plutôt écrasée que vaincue, mais il ternira, un peu, la gloire du duc de Wellington. L’auteur a quelques persécutions m’a dit « j’ai voulu publier cet écrit, s’il déplait aux Anglais, je partirai. »
Je n’ai pas pu encore bien pénétrer le général Gourgaud mais avant des faits qui ne tarderont pas à éclairer sur sa conduite, je me sers de mon jugement. Le gouvernement anglais ne permet pas à de simple domestique du général Bertrand même de débarquer en Angleterre etc. On y tolère le général Gourgaud ! Que dis-je ! On l’accueil au point de lui offrir de l’emploi et de gros appointement dans une école militaire !
La réflexion qui suit naturellement, sans qu’il l’avoue, c’est qu’il est gagné par l’Angleterre. Mais dans ce cas le livre qu’il va publier est une inconséquence qui explique pourtant ce qui lui reste d’intérêt, au fond du cœur pour Buonaparte.
La seule confidence, un peu forte qu’il m’ait encore faite, est qu’il correspond avec Sainte-Hélène et Rome sans qu’il m’ait dit par quelle voie, mais cette voie est sûre, à ce qu’il m’a affirmé. Ce seul mot peut donner beaucoup à réfléchir. Le cardinal Fesch joue un rôle dans l’intrigue.[^1]
Beaumont
[^1]: Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 20, fol. 442. |
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