| identifiant | CG3-7273.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1802/11/11 00:00 |
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| titre | Napoléon à Fesch, ARCHEVÊQUE DE LYON |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7273. - </b>À Fesch, ARCHEVÊQUE DE LYON</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dieppe, 20 brumaire an XI [11
novembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Monsieur
l’Archevêque de Lyon, je continue à penser que votre présence
dans votre diocèse est nécessaire[^1].
Je vois avec peine, dans la lettre que vous m’avez communiquée,
que vous écrasez les constitutionnels ; vous ne les traitez pas
de la même manière que les anticonstitutionnels. Cependant, les uns
sont bien plus vos amis et ceux de l’État qu’une partie des
autres. Votre lettre au chef des anticonstitutionnels est de l’huile
sur le feu ; vous rendrez plus exigeants des gens qui paraissent
l’être déjà trop.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est
évident que les hommes qui sont de retour à Paris ont mal agi avec
les constitutionnels, en se vantant, avec si peu de dextérité et
tant d’orgueil, qu’ils s’étaient rétractés. Je vois donc
avec peine que votre conduite n’est pas propre à ramener la
tranquillité, et que vous ne faites que donner de l’orgueil à des
hommes qui en ont trop.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le parti
extrême des réfractaires est votre ennemi ; par cette
conduite, les constitutionnels seront vos ennemis ; votre
conduite sera donc faible et vacillante, et n’aura pas ce caractère
qui doit vous faire estimer.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je regarde
votre lettre au chef des anticonstitutionnels comme un compte rendu
d’un subordonné à un supérieur, tandis que cela ne le regarde
pas. Vous ne faites point-là la figure d’un archevêque mais la
figure d’un curé envers un grand vicaire. Vous ne devez jamais
entrer dans ces discussions avec vos subordonnés. C’est être
ennemi du repos de l’Église et de l’État que vouloir, par
satisfaction de son orgueil, écraser un parti et triompher où il
n’y a pas sujet de triomphe. Le concordat ne doit pas être le
triomphe d’aucun parti, mais la conciliation de tous.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ne vous
laissez pas environner par des hommes qui, ayant été subordonnés
toute leur vie, en ont nécessairement l’empreinte et le caractère.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Ce qui
s’est passé entre vous et tel pénitent ne regarde pas vos
subordonnés, et, quand vous blâmez un parti, vous devez surtout
avoir attention de ne pas le faire connaître à l’autre, et, au
contraire, par cette réserve, vous acquerrez l’estime et la
confiance de tous les partis, et vous gouvernerez votre diocèse.
Votre conduite, portant le caractère de la faiblesse, n’aura pas
cette réunion unanime de tous les suffrages, qui ne va pas sans
l’estime de caractère et de réserve. Quant à quelques
réfractaires exagérés, dès qu’ils seront connus, je les ferai
enlever. Méfiez-vous beaucoup des sulpiciens, je vous le répète :
ces hommes ne sont attachés ni à l’État, ni à la religion ;
ce sont des intrigants.[^2]</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/>
</p>
[^1]: Il le rejoindra en janvier 1803. Voir, n° 7260.
[^2]: Copie d’expédition, Archives nationales, AF IV 863, brumaire an XI, n° 27.</body> |
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