CG3-7271.md

identifiantCG3-7271.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/11/11 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, consul de la République
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7271. - </b>À Cambacérès, consul de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dieppe, 20 brumaire an XI [11 novembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je reçois, citoyen consul, votre lettre du 19. Je crois que vous avez mal fait de relâcher M. de Stainville[^1] ; c’est un acte de faiblesse[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne conçois rien à la conduite de Portalis[^3]. J’avais ordonné, non une fois, mais dix fois, que les évêques ne déplaceraient aucun curé provisoirement, et cependant on fait toujours le contraire. Si, cependant, Portalis en a donné l’ordre, les préfets et les évêques doivent être coupables, et il trouve toujours leur conduite toute simple.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Une secte orgueilleuse et implacable a voulu vexer les constitutionnels : ils se sont défendus, et le peuple les a soutenus. Écrivez au grand juge[^4] que je désire qu’on ne fasse aucune poursuite, ni contre les constitutionnels, ni contre le peuple de Carcassonne[^5]. Mon intention est que, dans ce diocèse plus que dans aucun autre, il y ait beaucoup de constitutionnels.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">En général, même dans le diocèse de Rouen, ils ont été trop abandonnés, et, quoique je ne puisse me plaindre des choix ni de Rouen, ni du Havre, ni de Fécamp, ni de Dieppe, il est vrai, cependant, que même l’archevêque de Rouen[^6] les tient trop à l’écart. Je désire que vous fassiez éclaircir s’il est vrai que le cardinal Caprara[^7] ait imposé une déclaration aux constitutionnels, celle « de rentrer dans le sein de l’Église » : il paraîtrait bien extraordinaire que Portalis n’en ait rien su. Enfin il paraît convenable que Portalis et le grand juge prennent des renseignements avant d’approuver l’organisation des diocèses.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Choiseul-Stainville. [^2]: On a parfois évoqué, comme raison de cette libération les liens maçonniques unissant Cambacérès et Choiseul-Stainville. [^3]: Conseiller d’État chargé des Cultes. [^4]: Regnier, ministre de la Justice. [^5]: Des troubles ont éclaté à Carcassonne à cause des dissensions au sein du clergé local entre anciens réfractaires et anciens constitutionnels. [^6]: Étienne-Hubert Cambacérès, frère du consul. [^7]: Légat du pape. [^8]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 6417, d’après l’expédition communiquée par le duc de Cambacérès. Minute, Archives nationales, AF IV 863, brumaire an XI, n° 23.</body>