CG3-7268.md

identifiantCG3-7268.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/11/10 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, consul de la République
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7268. - </b>À Cambacérès, consul de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Dieppe, 19 brumaire an XI [10 novembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai reçu, citoyen consul, vos lettres des 16 et 17. Il faut faire ouvrir toutes les lettres dont était porteur M. de Stainville[^1], en se fondant sur ce principe, qu’il a été à la solde des Anglais, qu’il a porté les armes contre la République, et que des renseignements de Londres, qui ne m’ont jamais trompé, m’ont appris qu’il avait été à Londres pour se faire payer d’une pension que lui font les Anglais.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous avez parfaitement fait de faire éloigner la seconde représentation de Molière chez Ninon[^2]. Il faut tancer le chef du bureau des théâtres pour n’avoir pas senti qu’une phrase comme celle-là pouvait donner lieu à quelque scandale.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous nommiez qui vous jugerez le plus digne, soit pour le tribunal de Trèves, soit pour la judicature vacante.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis arrivé à Dieppe hier à six heures et demie du soir. La ville était illuminée avec un goût particulier ; mais je me trouve logé, par vanité de petite ville, dans une très mauvaise maison, où toutes les cheminées fument.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai traversé Fécamp, Saint-Valery. La route du Havre à Dieppe étant une route de traverse, les voitures ont dû souvent marcher au pas, ce qui a mis les habitants des villages environnants à même de me suivre sur tout mon passage, et souvent nous avons lié conversation ensemble. Tout ce que j’ai vu, soit dans ce pays, soit dans l’esprit du peuple, m’a paru extrêmement satisfaisant.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Choiseul-Stainville, émigré fait prisonnier en 1795 à la suite d’un naufrage, jugé au début du Consulat, relâché par Cambacérès puis amnistié par Bonaparte. [^2]: <span></span><i>Molière chez Ninon ou le siècle des grands hommes</i>, drame d’Olympe de Gouges datant de 1787. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 6416, d’après l’expédition communiquée par le duc de Cambacérès. Minute, Archives nationales, AF IV 863, brumaire an XI, n° 22.</body>