CG3-7265.md

identifiantCG3-7265.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/11/04 00:00
titreNapoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7265. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rouen, 13 brumaire an XI [4 novembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous devez, citoyen ministre, faire connaître au citoyen Otto[^1] ainsi qu’au général Andréossy[^2] :</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1° Que l’état du continent tel qu’il était alors, et rien que cet état, ne porterait aucun préjudice à l’état actuel, puisqu’à l’époque de la signature du traité d’Amiens et un mois après nous avions en Suisse 10 000 hommes, en Piémont 30 000 hommes, et dans la République italienne près de 40 000 hommes ; que, par conséquent, en demandant l’état tel qu’il était à la paix d’Amiens, ils ne peuvent pas se plaindre de l’état d’aujourd’hui ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2° Que, le roi d’Angleterre[^3] n’ayant voulu reconnaître ni la République italienne, ni la République ligurienne, ni la République helvétique, l’état du continent ne pouvait être garanti par l’Angleterre, puisqu’elle ne le reconnaissait pas ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">3° Que le traité d’Amiens n’en parle d’aucune manière, et dès lors l’Angleterre n’a rien à demander en bon droit ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">4° Que, d’un autre côté, nous avons aussi à demander l’état des Indes tel qu’il était à l’époque du traité ; et cependant il s’y est opéré de grands changements ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">5° Qu’il est vrai que l’état des négociations d’Allemagne, où le nom même du roi d’Angleterre ne se trouvait pas cité, était fait pour irriter la nation ; mais que ce n’est pas la faute du gouvernement français, mais celle du gouvernement anglais ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">6° Que l’esprit d’irritation constante qu’entretiennent les journaux, la protection accordée aux brigands, aux évêques rebelles, aux Bourbons, l’argent qu’on continue à donner aux émigrés, ne peuvent que nous maintenir dans la plus grande méfiance ; qu’on ne doit donc s’attendre à aucune confidence, à aucun concert intime, tant que l’on n’aura pas pris un parti qui fasse cesser l’état de disposition hostile du gouvernement anglais contre le gouvernement français ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">7° Que, si même notre commerce réciproque se trouve sans concert, on doit encore l’attribuer à la même cause, qui empêche de compter sur rien de stable de la part d’une nation d’où il ne revient que des accents de fureur, des provocations à la mort, des trames, des complots ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">8° Que, quant à la Suisse, nous ne souffrirons pas que l’Angleterre s’en mêle, parce qu’elle ne s’en occuperait que pour y semer le désordre ; ce serait un nouveau Jersey d’où l’on fomenterait des troubles contre la France.</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><i>Je pars demain à six heures pour le Havre. Il est difficile d’être plus satisfait que je le suis de tout ce pays-ci.</i>[^4]</p> [^1]: ministre plénipotentiaire à Londres. [^2]: Ambassadeur de France à Londres, il présentera ses lettres de créance le 17 novembre. [^3]: George III. [^4]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1774, fol. 18.</body>