| identifiant | CG3-7254.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1802/10/31 00:00 |
| titre | Napoléon à Cambacérès, consul de la République |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7254. - </b>À Cambacérès, consul de la République</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rouen, 9 brumaire an XI [31 octobre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il est cinq heures après midi. Je suis monté à cheval, ce matin, à huit heures, pour visiter toutes les hauteurs de Rouen.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">M. l’archevêque[^1], qui est fort aimé et estimé ici, a bien voulu nous dire une messe ; mais il ne nous a donné ni eau bénite, ni oraison. Nous prendrons notre revanche demain, qui est la Toussaint[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je viens de recevoir toutes les autorités ; il a fallu parler beaucoup et longtemps. Je suis, du reste, extrêmement satisfait de l’esprit de ce pays-ci.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le grand juge ne doit pas perdre un instant à faire arrêter le notaire Petit, demeurant à Thy-le-Château ; à faire mettre les scellés sur ses papiers, faire biffer la protestation, et à le faire conduire au Temple. Les huit curés doivent être sur-le-champ arrêtés, et conduits sous bonne garde en Italie.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Tous les agents qui se disent chargés de commissions par les munitionnaires de la guerre et de la marine doivent être arrêtés, parce qu’il leur a été fourni une assez grande quantité de grains ; ainsi, ces agents sont des accapareurs et des hommes qui cherchent à attiser la malveillance du peuple contre le Gouvernement.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne crois pas qu’il y ait rien à dire au général Ney ; il a reçu des ministres de la Guerre[^3] et des Relations extérieures[^4] des instructions assez détaillées pour que sa situation actuelle s’y trouve comprise.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous envoie un rapport du Morbihan. Je vous prie de faire venir le citoyen Vanlerberghe[^5] et de lui demander pourquoi il fait acheter dans ces malheureux départements, où la récolte a été mauvaise, pendant que nous avons tant de blé sur les côtes et à un prix si modique. Je vous prie de lui dire que je ne prétends pas qu’il achète dans ces départements ; qu’il lui a été fourni assez de blés.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p> [^1]: Étienne-Hubert de Cambacérès, frère du Second Consul. [^2]: Lors de la messe, le frère du second consul oublie de présenter la patène à baiser à Bonaparte, croyant bien faire et lui éviter un geste qu’il a esquivé lors de la proclamation du Concordat à Notre-Dame, mais celui-ci s’en offusque. [^3]: Berthier. [^4]: Talleyrand. [^5]: Fournisseur de grains pour les armées. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 6405, d’après l’expédition communiquée par le duc de Cambacérès. La minute des Archives nationales (AF IV 863, brumaire an XI, n° 15) ne comporte pas le dernier paragraphe.</body> |