| identifiant | CG3-7240.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1802/10/28 00:00 |
| titre | Napoléon à Charles IV, roi d’Espagne |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7240. - </b>À Charles IV, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 6 brumaire an XI [28 octobre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai reçu la lettre qu’il a plu à Votre Majesté de m’écrire en date du dix-huit octobre. Je la prie de faire agréer à la Reine[^1] mon compliment de condoléances sur la mort du duc de Parme[^2]. Votre Majesté sent parfaitement que depuis deux ans la République française aurait été en droit de prendre possession des <span style="text-transform: uppercase">é</span>tats de ce prince, d’après le traité du 30 ventôse an IX[^3] et Votre Majesté elle-même n’ayant manifesté le vœu pour le duc de Parme que de lui procurer une ville pour terminer doucement sa vie ; mais toujours empressé de saisir les occasions d’être agréable à Votre Majesté, je n’ai point pressé l’exécution du traité, et j’ai plusieurs fois donné l’assurance au feu duc de Parme qui en était vivement inquiet, du désir que j’avais de faire naître des circonstances qui puissent concilier les différents intérêts. Votre Majesté sent aujourd’hui qu’il m’est impossible de violer d’un propre mouvement un traité signé et ratifié ; et que l’Europe ne pourrait voir qu’avec jalousie et quelque déplaisir que pendant le temps que le Prince Ferdinand[^4] est privé de ses <span style="text-transform: uppercase">é</span>tats, et que le roi de Sardaigne[^5] auquel s’intéressent plusieurs princes est sans compensation des pertes qu’il a essuyées, Sa Majesté le roi de Toscane obtint indépendamment de son royaume un accroissement aussi considérable, et qui dans les siècles passés a été l’objet de longues discussions et de guerres sanglantes. La République française est dans ce moment ci en possession des <span style="text-transform: uppercase">é</span>tats de Parme, et plusieurs sollicitations ont déjà été faites par d’autres puissances. Cependant je saisirai avec un grand empressement tout ce qui pourrait remplir le désir de Votre Majesté ; mais cela ne pourrait jamais être sans une compensation équivalente dont les Florides pourraient faire partie : et même supposant que la France et Votre Majesté se trouvassent d’accord dans leurs intérêts respectifs, je ne pourrais encore rien promettre, jusqu’à ce que je ne sois assuré de la possibilité de terminer différentes discussions avec d’autres Puissances, dont ce pays est dans ce moment l’objet.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Marie-Louise de Bourbon-Parme. [^2]: <span></span> Il s’agit de don Ferdinand, ancien grand-duc de Parme, frère de Charles IV et père de Louis I<sup>er</sup>, roi d’<span style="text-transform: uppercase">é</span>trurie. [^3]: Traité d’Aranjuez du 21 mars 1801. Il prévoit la renonciation au trône du duc de Parme au profit de la France. [^4]: Ferdinand III, archiduc d’Autriche, ancien grand-duc de Toscane. [^5]: <span></span><span lang="pt-BR"> Victor-Emmanuel I</span><sup><span lang="pt-BR">er</span></sup><span lang="pt-BR">.</span> [^6]: <span lang="pt-BR"> Expédition, Archivo Historico Nacional (Madrid), Estado, TNI 1/1 6015, 1626.</span></body> |