23_Masson_SH

identifiant23_Masson_SH
fait partie deMasson
est validéoui
date1818/09/23 00:00
titreLettre du général Danican à d'Osmond, ambassadeur de France à Londres
texte en markdown<h1><span style="font-family:Chivo;font-size:60%;line-height:1;"><b>23_Masson_SH -</b> GÉNÉRAL DANICAN À D'OSMOND, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES</span></h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paddigton street, M.L. Bone, 23 septembre 1818</h2> Monsieur le marquis, tout ce que j’ai entendu depuis quelques semaines relativement à M. de Maubreuil m’a tellement affecté, que je n’ai plus osé retourner chez Votre Excellence. J’éprouvais la honte de m’être mêlé d’une affaire, qui a pris une tournure si bizarre, et si scandaleuse. Je savais qu’on empoisonnait et mes rations et mes paroles. Sans entrer dans les détails inutiles, je me bornerai à joindre ici copie d’une lettre que j’ai écrite à M. de Maubreuil et qui vous donnera ma mesure juste de mes sentiments, car je dis vrai. Ci-joint deux lettres que je prie Votre Excellence de mettre dans son paquet. Je n’ai point reçu de réponse du Ministre de la guerre et n’en suis point étonné on est tellement déterminé à me refuser justice, que malgré près de 40 ans de service, un dévouement très particulier, la bonté que vous avez eu d’écrire en ma faveur, l’intérêt de M. de comte Decazes (qui m’a fait écrire) et enfin les pièces demandées, envoyées par moi, légalisées par le consul etc. Je ne suis pas même honoré d’une réponse. Cependant M. le maréchal Gouvion Saint-Cyr, n’a pas comme moi, dépensé 70 louis d’or et exposé son col en 1793 pour envoyer Charles Willambre assurer le roi de sa fidélité et de son zèle. J’étais à Saumur et sa majesté était alors à Ham. Je pouvais être fidèle à la République de sang et de boue, et devenir aussi Maréchal car le vaguemestre de ma division l’est devenu (Augereau). Je ne m’abaisserai plus à demander la justice qui m’est due, et me bornerai à prouver que je la mérite. Je puiserai mes titres de noblesse dans des archives, où d’autres (à leur grands regrets) ne peuvent trouver que des preuves ineffaçables de leurs parjures et leur infamies (*Le Moniteur*). En m’acquittant envers Votre Excellence je lui remettrai la lettre qu’elle a eue de la bonté de me donner pour M. le duc de Richelieu, et quelque soient les événements et ma triste destinée, je n’oublierai jamais que vous m’avez témoigné un véritable intérêt. J’ose assurer que votre que chez moi la reconnaissance est indestructible. J’ai l’honneur d’être, monsieur le marquis, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur,[^1] Auguste Danican [^1]: Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 20, fol. 438.