| identifiant | CG3-7144.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1802/09/06 00:00 |
| titre | Napoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse |
| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7144. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 19 fructidor an X [6 septembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je remercie Votre Majesté des choses aimables contenues dans sa lettre du 11 mai.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Mon vœu le plus doux est de voir de plus en plus la Prusse et la France marcher de concert et, par cette union, asseoir la paix du continent sur des bases sûres, à l’abri des intrigues d’outre-mer.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les soins que je me suis donnés, en influant pour la reconstruction de la Maison de Bavière, m’ont été dictés par la politique de la France sans doute, mais aussi par l’intérêt et la politique de la Prusse.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Cependant, le cabinet de Vienne paraît persister dans son projet d’occuper Passau, la rive droite de l’Inn et un grand nombre d’abbayes en Souabe, avec le but secret de forcer la Bavière, selon son projet favori, de lui céder le Lech, afin de réduire l’électeur de Bavière à n’être plus qu’un grand seigneur sans puissance et sans indépendance.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les nouvelles ouvertures que M. de Cobenzl[^1] a été chargé de me faire m’ont convaincu de plus en plus de l’impossibilité de faire désister la Maison d’Autriche d’un plan qu’elle nourrit depuis plusieurs siècles, et que le grand Frédéric[^2] a rendu nul en 1778. Nous sommes donc appelés, Votre Majesté, le descendant de ce grand homme, et moi, son admirateur, à travailler de concert et sur ses traces.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Dans cette vue, j’ai fait solliciter M. de Lucchesini[^3] de signer une convention propre à vaincre toute l’opposition et la résistance de la cour de Vienne ; dès l’instant que Votre Majesté l’aura ratifiée, je regarderai les affaires d’Allemagne comme terminées.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je prie Votre Majesté de compter, dans cette occasion comme dans tout ce qui pourra se présenter, sur le désir que j’ai de faire quelque chose qui lui soit agréable.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Principal ministre autrichien. [^2]: Frédéric II, que Bonaparte admire beaucoup. [^3]: Ambassadeur de Prusse à Paris. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 6310, d’après les Archives de l’Empire.</body> |