| identifiant | CG3-7142.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1802/09/05 00:00 |
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| titre | Napoléon au chef de brigade Sebastiani |
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| texte en markdown | <body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7142. - </b>Au chef de brigade Sebastiani</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 18 fructidor an X [5
septembre 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le citoyen
Sebastiani se rendra, sur la frégate que lui destine le ministre de
la Marine[^1],
à Tripoli de Barbarie[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1° Il
fera reconnaître la République italienne par le Bey, et portera, en
conséquence, des modèles des pavillons italiens.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2° Si le
blocus existe encore, il offrira au Bey sa médiation pour l’arranger
avec les puissances avec qui il est en guerre, sans cependant le
forcer, ni montrer trop d’intérêt à ces puissances.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">3° Il ira
à Alexandrie ; il prendra note de ce qui est dans le port, des
bâtiments de guerre, des forces que les Anglais[^3]
y ont, ainsi que les Turcs ; l’état des fortifications,
l’état des tours ; l’histoire de tout ce qui s’est passé,
depuis notre départ, tant à Alexandrie qu’en Égypte ; enfin
l’état actuel des Égyptiens ; tiendra note de sa
conversation avec le cheik El-Messiry[^4],
le commandant anglais et turc, et expédiera un brick avec tous ces
renseignements.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">4° Si les
Anglais sont maîtres de Gizeh, il se rendra sous leur escorte à
Gizeh ; ira à petites journées, causera à El-Rahmànyeh,
Terrànch et dans d’autres endroits, avec les habitants ;
tiendra note de tout. Arrivé à Gizeh, il écrira au pacha[^5],
se rendra, avec son agrément, au Grand-Caire ; verra les grands
cheiks El-Messiry, El-Cherqâouy[^6],
El-Fayoumy[^7],
etc., tiendra note de leurs conversations, de l’état de la
citadelle du Caire, des fortifications environnantes ; dira à
tout ce monde des choses agréables de ma part, mais rien qui puisse
compromettre : « que j’aime le peuple d’Égypte, que je désire
son bonheur, que je parle souvent de lui. »</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">5° Il
doit avoir une lettre de Talleyrand[^8]
au pacha du Caire, par laquelle il doit lui faire connaître le désir
que j’ai d’envoyer promptement un commissaire au Caire et de
savoir si tout est tranquille ; dire que je m’intéresse au
bonheur de l’Égypte, et savoir si je puis y contribuer par ma
médiation avec les beys.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Si le
pacha désire qu’il aille dans la haute Égypte pour parler aux
beys, il ira ; sans quoi, après être resté huit ou dix jours
au Caire, avoir tout vu, parlé avec tout ce monde, il s’en
retournera. Il demandera et ramènera avec lui les Français qui
seraient restés aux hôpitaux ou avec les Mameluks, et qui
voudraient retourner. Il demandera le nommé Elias[^9],
interprète, et le ramènera avec lui.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il
annoncera l’arrivée d’un commissaire des relations extérieures
au Caire[^10].
Il recommandera au pacha le mont Sinaï.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">6° Il ira
à Jaffa[^11] ;
verra l’état des murailles, de la Palestine ; qui commande à
Jaffa, à Gaza, à Jérusalem ; recommandera les couvents des
moines de Jaffa, et apprendra d’eux tout ce qui s’est passé en
Palestine ; s’informera de ce que sont devenus les Motoualys
et de la situation de Djezzar[^12] ;
recommandera aux Turcs les chrétiens de Nazareth.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">7° Il ira
à Saint-Jean d’Acre, recommandera à Djezzar le couvent de
Nazareth, lui fera connaître que l’agent de la République doit se
rendre à Acre, s’informera des fortifications qu’il a fait
faire, les parcourra lui-même, s’il n’y a pas de danger.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">S’il
apprend que les Motoualys soient à Sour, il y fera une bordée,
tâchera de leur faire connaître que je désire qu’ils soient
heureux ; dira partout beaucoup de bien de la Porte, et ne se
compromettra en aucun propos.[^13]</p>
[^1]: Decrès.
[^2]: Voir, n° 7113 et 7125.
[^3]: En application du traité d’Amiens, les Anglais évacueront Alexandrie en mars 1803.
[^4]: Al-Masiri.
[^5]: Mehemet Khorew, depuis le 8 février 1802.
[^6]: Ancien président du divan du Caire et du divan général pendant la campagne d’Égypte.
[^7]: Al-Fayyûmi.
[^8]: ministre des Relations extérieures.
[^9]: Interprète du général en chef en Égypte.
[^10]: Corancez, basé à Alep, doit visiter la région (Voir, n° 6773). Mathieu de Lesseps, commissaire permanent, sera nommé en juin 1803.
[^11]: Sebastiani ne pourra se rendre ni à Jaffa, ni à Acre et Sour mais s’assurera que les couvents de la Palestine et ceux de la Syrie sont respectés.
[^12]: L’ancien défenseur d’Acre contre l’armée d’Orient, réconcilié depuis avec le Premier Consul.
[^13]: Minute autographe, Archives nationales, AF IV 863, fructidor an X, n° 36. La transcription de la minute autographe conservée aux Archives nationales (AF IV 863, fructidor an X, n° 12) comporte une note : « L’original de la main du Premier Consul est déposé dans l’armoire de fer ».</body> |
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