26_Masson_SH

identifiant26_Masson_SH
fait partie deMasson
est validéoui
date1818/10/10 00:00
titreLettre signée O à d'Osmond, ambassadeur de France à Londres
texte en markdown<h1><span style="font-family:Chivo;font-size:60%;line-height:1;"><b>26_Masson_SH -</b> AGENT NON IDENTIFIÉ À D'OSMOND, AMBASSADEUR DE FRANCE À LONDRES</span></h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Londres, 10 octobre 1818</h2> Des Napoléonistes Sir Robert Wilson J’ai eu une seconde conversation avec ce général. Elle équivaut à une découverte. Je vous parlais, il y a quelques mois d’une lettre d’O’Méara où la mort de Buonaparte était prédite, si son sort n’était pas adouci. Cette lettre était restée secrète dans les mains de Wilson ; elle eut causé trop de joie aux ennemis de ce grand homme, m’a-t-il dit, si elle avait été imprimée. Wilson l’a montra aux frères du Régent et aux ministres anglais, tous intéressés à ce que Buonaparte vive. L’ordre fut envoyé aussitôt pour que Buonaparte jouisse de plus de liberté. « Soyez sûr, a ajouté Wilson, que nous prendrons grand soin de sa vie. Nos ministres ne voyant pas sans défiance le penchant de Louis XVIII pour la Russie, penchant si visible, et même si prononcé, que vos ministres ont fait le plus pompeux éloge d’Alexandre dans la [prochaine] correspondance du Times, comme si nous ne savions pas assez ce qui se passe dans leur cabinet ». Il est clair, il est évident d’après cette conversation que sir Robert Wilson, quoique de l’opposition, qui n’est souvent qu’un masque, a des rapports avec le ministère anglais sur toutes les affaires de Sainte-Hélène. Il ne m’en a pas fait encore l’aveu formel ; mais si j’avais plus de moyens pécuniaires pour le suivre, pour frayer avec lui, que je flattasse sa vanité comme écrivain, j’arriverai insensiblement à sa confiance intime. Cette affaire est d’autant plus importante que Sir Robert Wilson, à cette époque-ci, est gagné par le ministère anglais et que, par moi, vous auriez de doubles secrets. Ce général est chef suprême dans les affaires de Buonaparte. Le ministère anglais n’aura rien épargné pour le corrompre. Wilson simple particulier, aurait pu tenter quelque coup hardi pour sauver Buonaparte ; mais membre du parlement, il cesse d’être un aventurier. Il est responsable à une patrie qu’il a retrouvée, et aux Rois alliés. Il ne fera rien sans le concours de son gouvernement. Les intrigues de Wilson et les projets du ministère anglais sur Buonaparte marcheront désormais de front, Wilson essayera de faire délivrer le prisonnier de Sainte-Hélène par des écrits et des discours ; ce qu’il n’obtiendra pas, il le sait bien. Mais cela tiendra la France en respect, et la Russie son alliée. Voilà la politique anglaise aussi certainement que si j’en avais trouvé les plans écrits dans le cabinet de Lord Castlereagh. Lord Holland suit la même ligne de conduite que sir Robert Wilson, et depuis bien plus longtemps. Il est certain qu’il montre au duc d’York les lettres qu’il reçoit de Sainte-Hélène mais je vous réserve un article par lui.[^1] Signé OO [^1]: Bibliothèque Thiers, fonds Masson, carton 20, fol. 444.