CG3-7113.md

identifiantCG3-7113.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/08/28 00:00
titreNapoléon au pape Pie VII
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7113. - </b>Au pape Pie VII</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><span lang="en-GB">Malmaison</span>, 10 fructidor an X [28 août 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Très Saint Père, j’ai lu avec la plus grande attention la lettre que Votre Sainteté a bien voulu m’écrire, en date du 18 août. Je ne puis qu’approuver et témoigner à Votre Sainteté ma satisfaction de l’intention où elle est de nommer un de ses sujets pour grand maître de Malte.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vois avec quelque peine que Votre Sainteté ne croit pas devoir établir un concordat avec la République italienne[^1]. Si son intention est immuable sur cet objet, je la prie alors de donner des pouvoirs au cardinal légat[^2] pour que nous puissions régler, par différents brefs, tout ce qui est relatif à la religion dans la République italienne, pour que le mal n’empire pas et que tout puisse aller selon les désirs et à la satisfaction de Votre Sainteté.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les cardinaux que je proposerai à Votre Sainteté sont les archevêques de Paris[^3] et de Lyon[^4], les évêques de Troyes[^5] et d’Autun[^6]. Votre Sainteté connaît l’archevêque de Paris ; il est plein de vertus, et, quoique âgé de quatre-vingt-treize ans[^7], il conserve encore de la mémoire et de la force.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’archevêque de Lyon, jeune et moins méritant, est un ecclésiastique distingué par la sévérité de sa morale et l’attachement particulier que je lui porte, étant mon proche parent[^8].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’évêque d’Autun est un vieillard respectable, de quatre-vingt-quatre ans ; il a beaucoup souffert dans la révolution, ayant été longtemps traîné dans les prisons. Ses vertus l’ont rendu supérieur à toutes les vicissitudes.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’évêque de Troyes est celui qui s’est prononcé avec le plus de force pour porter les évêques, à Londres, à adhérer aux ordres de Votre Sainteté. Il est aussi très âgé. Il a parfaitement réussi dans son diocèse. C’est un des hommes les plus distingués par son érudition et son savoir que l’Église gallicane ait eus.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Votre Sainteté voit que je ne lui présente point l’évêque d’Orléans[^9], et je dois lui dire ingénument que je désirerais qu’elle lui fît connaître qu’elle le nommera à la première occasion ; mais je ne crois pas utile au bien de la religion, dans ce moment-ci, de nommer cardinal un homme qui nous a rendu de très grands services, mais qui, dans des temps malheureux, a trop marqué par la part active qu’il a prise à la guerre civile ; il résulterait, pour la politique de l’État, dans le moment actuel, plus d’inconvénients que d’avantages de cette nomination. Mais, comme je lui ai en quelque sorte promis de faire, un jour, à Votre Sainteté, la demande de cette place pour lui, elle pourra le nommer à la première vacance, qui ne doit pas tarder, puisque, sur quatre que je présente à Votre Sainteté, trois ont plus de quatre-vingts ans[^10].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il m’est revenu indirectement que Votre Sainteté éprouvait beaucoup de peine pour les affaires de Russie. Je crois qu’elle doit, avec cette puissance, gagner le plus de temps possible. L’empereur n’attache, en réalité, aucune importance aux demandes qui ont été faites par son cabinet, et, si Votre Sainteté se trouve obligée de répondre, il vaut mieux qu’elle le fasse directement, par un bref adressé à l’empereur, que par une note de cabinet à cabinet. L’empereur Alexandre est juste, bon et pacifique, et son cabinet est immoral, divisé et arrogant. Ce que je dis ici, Votre Sainteté sent bien que c’est pour elle seule.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je dois faire part à Votre Sainteté que je viens d’obtenir du dey d’Alger[^11] la liberté d’un grand nombre de chrétiens, dont plusieurs sont sujets de Votre Sainteté ; cela est venu à la suite d’arrangements faits avec ce dey pour réparer l’insulte qu’il avait faite au pavillon français.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai fait remettre sous la protection de la France le Saint-Sépulcre, tous les chrétiens de Syrie, ainsi que toutes les églises qui existaient à Constantinople. J’ai reçu plusieurs demandes des évêques d’Arménie et des chrétiens persécutés en Valachie ; j’en ai écrit au Sultan Selim, avec qui je suis en correspondance directe, et qui me paraît animé du désir de faire ce qui est juste.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je désirerais de donner une nouvelle activité aux missions de la Chine, et je ne cacherai pas à Votre Sainteté qu’indépendamment du bien général de la religion, j’y suis porté par le désir d’ôter aux Anglais la direction de ces missions, qu’ils commencent à s’attribuer.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’électeur de Bavière[^12] me prie de l’aider dans ses affaires ecclésiastiques. Je prie Votre Sainteté de me dire ce qu’elle veut accorder et ce qu’elle veut faire pour ce prince. Elle peut être assurée que je n’en ferai qu’un usage utile à l’Église et à la paix.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis, avec un respect filial, de Votre Sainteté le très dévoué fils.[^13]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p> [^1]: Commencée en février, à Milan, la négociation d’un concordat italien est dans l’impasse, en raison de l’intransigeance de Melzi. [^2]: Caprara recevra en octobre un bref lui permettant de négocier directement avec le Premier Consul, président de la République italienne (Voir, n° 7271). [^3]: De Belloy sera créé cardinal en janvier 1803. [^4]: Fesch sera créé cardinal en janvier 1803. [^5]: Noé ne sera pas cardinal et pour cause : il décèdera quelques jours après cette lettre et sera remplacé par La Tour du Pin-Montauban. [^6]: Moreau ne sera pas cardinal car il décèdera le 8 septembre. Fontanges le remplacera. [^7]: De Belloy mourra à l’âge de 99 ans. [^8]: Fesch est le demi-frère de Letizia Bonaparte. [^9]: Bernier. [^10]: Bernier ne sera pas cardinal. [^11]: Mustapha-Pacha. [^12]: Maximilien-Joseph. [^13]: <span></span><span lang="it-IT"> Expédition, Archivio Segreto Vaticano, Segretario di Stato, Epoca Napoleonica, Francia, vol. </span>VIII.</body>
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