CG3-7052.md

identifiantCG3-7052.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/07/27 00:00
titreNapoléon à Mustapha-Pacha, dey d’Alger
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="pt-BR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7052. - </b>À Mustapha-Pacha, dey d’Alger</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 8 thermidor an X [27 juillet 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Grand et magnifique Dey, un adjudant de mon palais[^1] doit, à l’heure qu’il est, être rendu auprès de vous pour vous porter mes plaintes, et vous demander réparation des différents outrages faits à mon pavillon. Aujourd’hui j’expédie un nouvel officier porteur de cette lettre, ne voulant pas, avant de rompre avec vous, ne pas vous avoir mis à même de réfléchir mûrement sur ce que vous avez à faire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous demande donc réparation éclatante pour tous les griefs dont je me suis plaint dans ma dernière lettre. Je vous en demande encore contre le gouverneur de Bône[^2], qui s’est permis d’arrêter une gondole munie de mes passeports, et d’empêcher la pêche du corail conformément à nos traités et à l’usage immémorial qui a existé entre nous.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous fais connaître également mon indignation sur la demande que vos ministres ont osé faire, que je paye 200 000 piastres. Je n’ai jamais rien payé à personne, et, grâce à Dieu, j’ai imposé la loi à tous mes ennemis. J’ai détruit l’empire des Mameluks, parce qu’après avoir outragé le pavillon français ils osaient me demander de l’argent pour la satisfaction que j’avais droit d’attendre. Craignez le même sort ; et, si Dieu ne vous a pas aveuglé pour vous conduire à votre perte, songez qui je suis et ce que je peux.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Avant de faire marcher contre vous une armée de terre et de mer, j’en ai instruit l’ambassadeur de la Sublime Porte[^3], avec qui je viens de renouveler l’ancienne alliance. Je vous l’ai dit et je vous le répète, je veux vivre en bonne amitié avec vous ; je n’ai aucune vue ambitieuse ; je n’ai pas besoin de vos États pour être au premier rang des puissances ; mais si vous refusez de me donner satisfaction, et si vous ne réprimez pas la licence de vos ministres qui osent insulter mes agents, et de vos bâtiments qui osent insulter mon pavillon, je débarquerai 80 000 hommes et je détruirai votre régence ; car, enfin, je ne souffrirai pas que vous traitiez mon pavillon comme vous traitez celui des petites puissances du Nord et des petites puissances d’Italie. Que vous et votre conseil réfléchissent donc bien sur le contenu de cette lettre, car ma résolution est immuable. Je désire cependant que Dieu et votre bon génie vous éclairent, et que vous repreniez les sentiments qui ont existé habituellement entre la France et Alger.[^4]</p><h3 align="justify" data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><br/> <br/> </h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p> [^1]: Hulin. Voir n° 7024 et 7027. [^2]: Actuelle Annaba, 4e ville d'Algérie. [^3]: Seid Mohammed Ghaleb-Effendi. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, thermidor an X, n° 12.</body>