CG3-7051.md

identifiantCG3-7051.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/07/27 00:00
titreNapoléon à d’Hauterive, chargé par intérim du portefeuille des relations extérieures
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7051. - </b>À d’hauterive, chargé par intérim du portefeuille des relations extérieures[^1]</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 8 thermidor an X [27 juillet 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je vous prie, citoyen, d’envoyer un de vos drogmans[^2] chez l’ambassadeur de la Porte[^3], qui lui fera connaître les griefs que j’ai contre le dey d’Alger[^4].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">1<sup>er</sup> grief : les différentes voies de fait que vous connaissez contre nos bâtiments ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">2<sup>e</sup> grief : la pêche du corail qu’il a défendue ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">3<sup>e</sup> grief : l’impertinence de vouloir exiger 200 000 piastres, comme si j’étais une de ces petites puissances dans le cas de marchander son amitié ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Que je viens de lui envoyer un adjudant du palais[^5] avec une lettre ; mais que je crois devoir aux nouvelles relations que nous avons renouées avec la Porte Ottomane[^6] de le prévenir avant de faire marcher 30 000 hommes ; </p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Que je crois utile qu’il expédie un homme de sa maison, que je ferai défrayer et embarquer sur un vaisseau à Toulon, avec une lettre pour faire connaître au dey d’Alger les malheurs auxquels il s’expose ; et que, s’il ne me donne pas raison sur tout, je ne laisserai pas pierre sur pierre à Alger, et que je m’emparerai de toute la côte d’Afrique. Vous ferez remettre également 60 000 francs au ministre ottoman ; une lettre de change est inutile ; vous lui direz seulement d’écrire à la Porte, qui, lorsqu’elle le jugera à propos, les fera remettre au citoyen Ruffin[^7].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il faut que tout cela soit fait avant le soleil couché et que, demain à midi, l’agent du ministre ottoman parte ; je le ferai accompagner d’un officier qui le mènera sans qu’il ait à penser à rien.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Faites-moi traduire en turc la lettre ci-jointe, qui sera remise sur parchemin, en envoyant le français au citoyen Maret, qui le fera transcrire, avec le sceau de la République. Vous ferez donner les fonds nécessaires à l’officier de la Garde qui sera porteur de la lettre, qui doit accompagner le Turc, et qui, à cet effet, se rendra chez vous.[^8]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Talleyrand est souffrant. [^2]: Interprètes des pays du Levant. [^3]: Seid Mohammed Ghaleb-Effendi. [^4]: Mustapha Pacha. [^5]: Hulin. [^6]: Traité de paix du 25 juin 1802. [^7]: Chargé d’affaires de la République à Constantinople. [^8]: Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1773, fol. 121.</body>