CG3-7012.md

identifiantCG3-7012.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/07/08 00:00
titreNapoléon à Melzi d'Eril, vice-président de la République italienne
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 7012. - </b>À Melzi d'Eril, vice-rrésident de la République italienne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 19 messidor an X [8 juillet 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le projet de loi que m’a remis le citoyen Marescalchi[^1] sur la liberté du commerce des blés est tout à fait inconséquent. Tout ce qui est relatif aux blés ne peut pas être du ressort de la législation. Nous avons en France une expérience de dix années : après avoir longtemps erré il n’y a qu’une seule opinion, c’est que le gouvernement peut seul ouvrir ou fermer les barrières à l’exportation des blés, selon les circonstances : il est donc très imprudent de rien soumettre sur cette matière aux législateurs : il ne faut pas sans doute que le blé soit à trop bon marché ; mais de deux inconvénients, il vaut encore mieux tomber dans le bon marché que dans la cherté : et une des mille questions qui divisent d’opinion et d’intérêts les prolétaires et les propriétaires, est celle où ils sont le plus en opposition d’intérêts : c’est aussi celle, et, peut-être l’unique, sur laquelle le gouvernement doit toujours favoriser les prolétaires, sans quoi, tyrannie et révolte ; tyrannie de la part des propriétaires et révolte de la part du peuple. Quel est donc l’effet de la loi proposée : c’est de plaire sans doute aux propriétaires, mais de porter à l’État le coup le plus dangereux en ébranlant la confiance du peuple.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Certainement les propriétaires ne peuvent pas se plaindre dans la République italienne, ils ont vendu leurs blés assez cher toute cette année-ci, et le peuple toute cette année-ci a été assez malheureux ; il faut tenir la main à ce que le pain soit à bon marché : il me semble par tous les renseignement que j’ai, qu’il est encore trop cher[^2].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les prix des rations sont même excessifs dans la République Italienne, et beaucoup plus chers qu’en France. Vous pouvez en juger, la ration de vingt-quatre onces de bon pain ne nous coûte par toute la France, l’une portant l’autre, que quatre sous et trois deniers.[^3]</p> [^1]: ministre des Relations extérieures de la République italienne en résidence à Paris. [^2]: Voir. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, messidor an X, n° 26.</body>