CG3-6973.md

identifiantCG3-6973.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/06/29 00:00
titreNapoléon à Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6973. - </b>À Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 10 messidor an X [29 juin 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je réponds à vos lettres des 30 mai, 1<sup>er</sup>, 6, 7 et 15 juin.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il me paraît que les collèges électoraux ont rempli leur but, et il faut désormais avoir pour règle de ne s’éloigner en rien de la constitution.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je désire beaucoup que les réfugiés quittent Milan ; mais je répugne à toute mesure générale, qui d’ailleurs n’est jamais exécutée. Faites dresser une liste des deux ou trois cents plus dangereux, et je prendrai ici un arrêté qui les mette en surveillance dans les villes les plus reculées de la République. C’est le parti que je prends pour les réfugiés napolitains que nous avons ici, ainsi que pour les réfugiés des colonies.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai parcouru les différents extraits de votre correspondance secrète ; il n’y a pas un mot qui ait du sens. Je conçois seulement qu’il y a partout une race d’hommes qui ont un même esprit et qui sont insensés au point de ne pas voir que l’événement malheureux qui m’arriverait serait un présage funeste pour eux.[^1]</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous avez dû être satisfait de la réponse de Marescalchi[^2] pour les 1 800 000 francs. Ce mois-ci est réduit à 1 600 000 francs. Je trouve convenable que les travaux des fortifications soient dirigés par l’ingénieur français, quant à la science militaire ; mais, pour les finances, par des agents de la République italienne. Je persiste à croire que 200 000 francs par mois sont un effort raisonnable, et que continuer plusieurs années nous conduira au résultat que l’on doit se proposer.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Envoyez quelqu’un reconnaître comment vont les travaux du Simplon. C’est là surtout qu’il faut fixer nos regards. Ce chemin seul peut garantir Milan en cas de guerre, car nos troupes <i>de la</i> Bourgogne et de la Franche-Comté y gagnent <i>beaucoup</i> de marches. Le Valais va former une république indépendante sous la protection de la France, de l’Italie et de la Suisse, et où le passage sera libre[^3].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis d’opinion qu’il est convenable d’établir la conscription sur-le-champ. La dernière loi que nous avons rendue sur cet objet est ce qu’il y a de plus raisonnable. Je vais m’occuper d’une mesure pour organiser un bataillon autrichien de déserteurs.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Toutes les affaires de l’Europe vont parfaitement bien. Les affaires de l’Allemagne sont déjà convenues entre la Russie, la Prusse, la Bavière et nous, et elles tirent à fin.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Pour l’Angleterre, il est un moyen de la forcer à reconnaître la République italienne, c’est de contrarier ses marchands ; et je désire que vous me fassiez passer sur ce point un mémoire.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je ne pense pas que le secrétaire d’État puisse jamais présider le Conseil législatif ; cette fonction est d’un usage trop journalier pour lui donner une telle importance ; mais je verrais sans peine le grand juge le présider quand vous ne pourriez pas.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai chargé Marescalchi et les conseillers d’État[^4] de la rédaction d’un projet pour la création d’un conseil de l’administration de la Guerre[^5]. Je ne crois pas la division bonne pour la République italienne.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Il faut faire connaître à Oppizzoni qu’il est indispensable qu’il accepte la place d’archevêque de Bologne.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je répondrai une autre fois aux différents ministres qui m’ont écrit[^6].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Marescalchi s’occupe du concordat[^7] avec Caprara[^8].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Le mois ne se passera pas que je ne nomme les ministres de la République auprès de l’Empereur et du roi de Prusse[^9].[^10]</p> [^1]: Phrase biffée : « Cependant je n’ai trouvé aucune trace qui touchât juste que quelque petite agitation des esprits dans ce pays-ci ; je ne veux y attacher aucune importance. » [^2]: ministre des Relations extérieures de la République italienne, en résidence à Paris. [^3]: Phrase biffée : « Je désire que soit au commencement soit à la fin de la session du Corps législatif, il y ait un exposé de la situation de la République &lt;...&gt; où toutes les branches de l’administration fussent développées. » [^4]: Conseillers législatifs dans la République italienne. [^5]: Voir, n° 6970. [^6]: Phrase biffée : « Une lettre du 9 juin de Marescalchi que je trouve dans mon portefeuille me fait penser que l’on croit à Milan qu’il est possible encore d’intriguer auprès de moi. Vous devez la dessus rassurer tous les bons citoyens. Je connais les hommes mieux que personne. » [^7]: Le Concordat italien sera signé en 1803. [^8]: Légat du pape à Paris. [^9]: François II et Frédéric-Guillaume II [^10]: Minute, Archives nationales, AF IV 863, messidor an X, n° 8.</body>