CG3-6939.md

identifiantCG3-6939.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/06/14 00:00
titreNapoléon au Pape Pie VII
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6939. - </b>Au Pape Pie VII</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 25 prairial an X [14 juin 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Très Saint-Père, j’ai reçu la lettre de Votre Sainteté du 25 mai.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">J’ai fait connaître au cardinal légat[^1] que les circonstances de la religion voulaient que l’on fît pour cette Église tout ce que la charité peut faire ; qu’il fallait ne plus se souvenir du passé[^2], fixer uniquement l’avenir : le mauvais effet d’une continuation de schisme étant naturellement d’augmenter le nombre des calvinistes, et de faire à l’Église de France un tort irréparable. Le cardinal légat a autour de lui quelques théologiens qui n’ont pas la vue assez étendue.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Les évêques sont partout reçus d’une manière édifiante et extrêmement honorable.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">De nouvelles mesures viennent d’être prises pour améliorer leur existence temporelle. J’ai fait doter tous les vicaires généraux, les chanoines et les séminaires. Tous les prêtres et moines, même ceux qui ont été déportés, ont leurs pensions et par là une existence honorable.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je prie Votre Sainteté de lire elle-même la note ci-jointe. Je me persuade qu’elle restera convaincue de l’utilité de la création des sept cardinaux que je lui demande. Elle connaîtra par là une preuve de mon amour pour son Église, qu’elle a réédifiée. Ce sera pour moi un témoignage d’estime auquel je serai sensible.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Puisque monseigneur Codronchi persiste à rester à Ravenne, je prie Votre Sainteté de nommer monseigneur Oppizzoni à l’archevêché de Bologne[^3].</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je suis, avec un respect filial, de Votre Sainteté le très dévoué fils[^4].[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p> [^1]: Caprara. [^2]: Allusion aux ecclésiastiques constitutionnels ou assermentés, pierre d’achoppement du Concordat pendant toute cette période. [^3]: Voir, les n° 6880 et 6881. [^4]: À cette lettre est jointe la note suivante dans les archives du Vatican : « Note prouvant les droits de la France à avoir sept cardinaux. 1° À l’époque de la révolution, la France comptait cinq cardinaux, savoir, les cardinaux Bernis, La Rochefoucauld, Rohan, Loménie et Montmorency. Les deux premiers sont morts ; le troisième n’est plus Français ; le quatrième est mort ; le cinquième est à la fois rebelle à l’État et au Saint-Siège. 2° Lors du concordat de Léon X, ce Pape créa quatre cardinaux à la demande de la France. 3° L’Autriche en a aujourd’hui sept ; l’Espagne, trois ; Naples, cinq. La France n’en a point. Le cardinal Maury, qui a été et est nommé, est, au contraire, un de ses plus grands ennemis. 4° Le consentement des autres puissances est inutile, parce que ce consentement ne pourrait être convenable qu’autant que la France aurait autant de cardinaux que l’Autriche. D’ailleurs, ce n’est qu’un remplacement de ce que la France avait ; et il a été de tout temps d’usage que la France eût, au gré du Gouvernement français, jusqu’à neuf ou dix cardinaux. 5° Le Pape ne peut donc pas, vu l’esprit d’impartialité qui le caractérise et doit le caractériser, accorder à la France, qui a une si grande population, moins de cardinaux que n’en a l’Empereur ; d’autant plus que ces nominations portant sur des archevêques et évêques actuellement en fonctions, le Gouvernement sera obligé de les doter convenablement, ce qui améliorera leur existence. Quant aux choix, le Premier Consul pourrait s’entendre avec le Pape afin que les sujets qui seraient nommés convinssent ». [^5]: <span></span><span lang="it-IT"> Expédition, Archivio Segreto Vaticano, Segretario di Stato, Epoca Napoleonica, Francia, vol. </span>VIII.</body>
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