CG3-6794.md

identifiantCG3-6794.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1802/02/27 00:00
titreNapoléon à Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne
texte en markdown<body><h1 align="justify" lang="fr-FR" style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG3</i> - 6794. - </b>À Melzi d’Eril, vice-président de la République italienne</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 8 ventôse an X [27 février 1802]</h2><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Vous trouverez ci-joint copie de l’arrêté que je fais expédier pour l’organisation de l’armée française à l’époque du premier germinal. Il est nécessaire que les mesures soient prises pour que les [seize] cent mille francs soient ponctuellement payés en numéraire[^1]. Cette somme doit être suffisante pour les troupes françaises puisque je réduis leur solde, que j’en ôte deux régiments de cavalerie, et une demi-brigade d’infanterie, et qu’enfin on peut laisser payer au duc de Parme les quinze cents hommes qui composent l’établissement d’artillerie à Plaisance. Le règlement sur les logements doit être fait avec attention. Mantoue, Peschiera, Pizzighettone, Porto Legnano, Vérone, Rovigo, étant villes de guerre, ou frontières, on ne pourra régler que peu à peu ce qui est relatif aux logements dans une place, mais il faudrait s’empresser de débarrasser entièrement Milan, Bologne, Modène, et les principales villes de l’intérieur. Au reste le moyen proposé que chaque municipalité exige qu’un certain nombre d’individus tienne des hôtels garnis et donne des logements pour le prix accordé à chaque grade convient à tout le monde et mettra de l’ordre. Dans les [seize] cent mille francs ne sont pas compris les frais de casernement et de logement qui sont considérés comme dépenses locales.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Dans votre correspondance journalière avec le citoyen Marescalchi[^2] envoyez-lui des notes qui fassent connaître les abus qui existent, on les réprimera. S’il y a des commandants de place plus qu’il n’en faut, s’ils exigent un traitement extraordinaire, il suffira de connaître ces abus pour les faire disparaître.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">L’armée italienne va se trouver augmentée de six mille Polonais. Il est convenable de ne jamais les tenir sur les frontières de l’Autriche ; leur véritable place est dans la Romagne. Ils doivent être payés comme l’armée italienne, et mieux payés que l’armée française en France. Le soldat français en France n’a que trente centimes par jour ; le soldat italien ne doit pas en avoir davantage ; il aura encore le double des soldats autrichiens qui sont dans l’État de Venise. Quant aux soldats français, je leur ai conservé vingt centimes de haute paye parce qu’ils ne sont pas aussi bien casernés dans la République Italienne qu’ils le sont en France, parce que le climat auquel ils ne sont pas accoutumés, et le grand éloignement de leur patrie exigent qu’ils boivent du vin pour leur santé.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Renvoyez au ministre Marescalchi l’arrêté relatif à la mise sur le pied de paix de l’armée italienne, s’il vous convient, afin que je le signe. Au levé de titres les règlements français comme le fait la minute de l’arrêté, vous pourrez y joindre le tarif afin de lui donner une marche plus nationale.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Quoique Milan ne doive plus donner de logement, il est convenable que le général en chef[^3], venant pour se concerter avec le gouvernement, ne loge pas dans une maison particulière. Il faudrait que la République lui donnât un logement dans un palais national, ou lui louât une maison convenable où il fût indépendant.</p><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in">Je trouve également convenable que vous fassiez connaître au général en chef qu’indépendamment de son traitement qui est porté sur le fonds de l’armée, vous mettiez à sa disposition sur les fonds extraordinaires et secrets de la République, trente mille francs pour ses dépenses extraordinaires et secrètes.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" lang="fr-FR" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0in"><br/> </p> [^1]: La République italienne entretient les troupes françaises stationnées sur son territoire, mais des efforts sont faits pour rendre leur présence moins sensible. [^2]: ministre des Relations extérieures de la République italienne, en résidence à Paris. [^3]: Murat. [^4]: <span></span><span lang="it-IT"> Carlo Zaghi, </span><span lang="it-IT"><i>I carteggi di Francesco Melzi d’Eril duca di Lodi, La Vice-Presidenza della Republica Italiana</i></span><span lang="it-IT">, Museo del Risorgimento e racolte storiche del commune di Milano, 1958, t. I, p. 85, n° 44.</span></body>